08/07/2013

Des sponsors ou mécènes pour les lanceurs d'alertes ?

Bonjour,

De nombreux sponsors et mécènes soutiennent des sportifs. Mais il me semble que ce serait tout aussi utile pour la société que les lanceurs d'alertes puissent bénéficier de fonds pour réaliser leur combat jusqu'au bout. Ce qui n'est souvent pas possible au vu de leur situation financière. 

Merci de profiter de cette période d'été pour y réfléchir. Et merci d'avance pour vos commentaires à ce sujet ou vos propositions.

 

Commentaires

@Michèle Herzog en effet votre idée est géniale. Cependant un lanceur d'alerte lui n'en a rien à cirer de l'élitisme qui consiste à courir plus vite que son ombre ou produire deux fois plus vite qu'une machine.C'est toute la différence entre le lancer d'alerte qui bien que très alerte d'esprit ne peut concurrencer avec un cycliste ou autre sportif.
Un lanceur d'alerte lui veut rester libre et autonome .Sponsorisé il devra encore courbetter devant des gens qui n'ont que le mot rendement à la bouche et Toyoter son quota d'article à livrer chaque jour
toute belle fin de journée pour vous Madame et merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 08/07/2013

A Lovsmeralda: Merci pour votre commentaire. Le lanceur d'alerte "sponsorisé" ne se conduira pas comme un sportif de haut niveau et ne sera pas dopé. Ce qui ne l'empêchera pas de travailler énormément pour faire avancer son combat. Il sera certainement très heureux de pouvoir poursuivre son action en recevant un petit salaire, sans souci pour le paiement des frais de justice par exemple, ainsi qu'un soutien moral. Et quand il gagnera en justice, sa victoire sera celle de plusieurs personnes. Ou d'une entreprise de développement durable par exemple. Il est important d'innover ... Bonne soirée à Vous.

Écrit par : Michèle Herzog | 08/07/2013

@Madame Herzog, vous n'avez pas tout faux.Il faut suivre son temps dit-on .Je pratique cet art tellement inconsciemment et ce depuis ma naissance que recevoir en retour quelque argent ma parait indécent.
Surtout de nos jours ou le monde est entrain de basculer vers une porte qu'on pensait bien à tort ne plus jamais voir se ré-ouvrir
C'est à chacun de savoir s'il veut être sponsorisé ou pas.Les plus jeunes seront sans doute intéressés!
Comme on dit il faut de tout pour faire un monde et dans celui des lanceurs d'alerte en existe-t'il plusieurs.
Cependant comme tout don hérité d'anciens scouts ayant sauvé des vies humaines et légué à leur descendance qui a dû franchir toutes les étapes de l'initiation je me vois mal quémander de l'argent pour quelque chose de naturel ,suite aux nombreuses blessures et coups reçus justement pour mieux alerter les suivants
Mais comme tout Sénior qui se respecte et qui aime son pays ,on le devient automatiquement en vieillissant! /rire/et quand on aime on compte pas!
Oui je suis obligée de rire car en principe les anciens ne sont jamais écoutés mais Ogéméisés en lanceurs d'alerte ils semblent à nouveau être pris au sérieux.Sacré revanche non dédaignable pour les trop souvent nommés à tort ,vieux ringads

Écrit par : lovsmeralda | 08/07/2013

A Lovsmeralda: La justice devient de plus en plus chère et inaccessible (même la justice pénale si vous déposez des plaintes pénales ... qui en plus ne sont pas traitées !) qu'il faut bien imaginer quelque chose pour pouvoir continuer un combat ... Bonne soirée à Vous.

Écrit par : Michèle Herzog | 08/07/2013

@Madame Herzog je tiens tout de même a apporter un rectificatif. En parlant des coups et blessures, le monde scout n'y est pour rien. C'est tout simplement la vie qu'il l'a voulu .Vaut mieux souligner ce qui pourrait mener à des quiprocos dont les journaleux aiment se saisir pour salir n'importe qui
Concernant la justice,ne dit on pas fourbe comme la justice de Berne? et l'espoir aide aussi à vivre je dirais plutôt dans ce monde ci plutôt à survivre ,socialement parlant tout tombe en poussière. Les faibles sont mis de coté, pas de rendement, allez zou à la case des déchets à recomposter
re toute belle soirée pour vous

Écrit par : lovsmeralda | 08/07/2013

le pseudo est là pour être utilisé en cas de besoin d'anonymat.
Votre sujet de fond s'adresse aux citoyens. Votre billet, aux lanceurs d'alerte qui par définition sont individuels et qui pour l'instant n'ont aucun recours juridique en Suisse.

Moins que d'un soutien financier et avant celui-là, les lanceurs d'alerte ont besoin de soutien juridique, de cadre légal, de légitimation. Ce qui est loin d'être acquis en Suisse, les domaines étant les milieux professionnels, le milieu des emplois dans lesquels les lanceurs d'alertes fondent les sources de leurs infos.

Et là, le bât blesse car en Suisse, ni le droit du travail si ultra-libéral en l'état, ni aucune catégorie professionnelle avec syndicats ne protègeraient l'employé lanceur d'alerte de contre-attaques de l'employeur, en cas d'actes de délinquance comme toute autres contrevenances de son employeur.

fus victime de ces lacunes. bien que mon choix fut toujours dans ces cas et à x reprises auprès de multis genevoises & banques privées internationales, au prix de mon emploi, de préserver l'intégrité de collègues victimes de mobbing harcèlements (n'ai pu empêcher le suicide), ou de maintenir ma position et les infos délictueuses que j'avais fais remonter à la présidence (www pour cette multi, N° 3 mondial de son domaine), au prix de mon emploi. au prix de l'absence d'indemnités chômage. 2e pilier bloqué presque 2 ans. certificats de travail non reçus puis établis par sous-collaborateurs en méconnaissance de mes relles fonctions. Au prix de rejet de mes candidatures via ex-sous collaborateurs en sur-nomination ailleurs, jeu des chaises tournantes et discrimination diffamation auprès de DRH de la place. Au prix depuis 2002, de précarité d'emplois temporaires, d'emplois sous payés voire où je fus carrément grugée d'env. 1'000CHF/mois sur mon salaire de tempo par l'agence qui ne me déclara pas à l'impôt, d'emplois sous payés mais basés selon mes surqualifications sur-utilisées, emplois temporaires conduisant à 10 ans sans 2e pilier etc.

Au fait: les chefs me donnant les ordres à exécuter pour lesquels j'ai dis oui ou non (selon si contre droit et éthique) et perdu mes emplois (licenciements à sec, en 30 min!), ont fuit en disant (pour les plus honnêtes) "tu comprends, c'est dur de retrouver un job".

Des idées et des capacités, j'en ai. des moyens, non: c'est le but recherché pour faire taire les lanceurs d'alerte, non?

Un premier besoin, fondamental: aider et lutter contre l'isolement du lanceur d'alerte. le plus dur, c'est être seul, le doute, la culpabilité face à sa famille et son revenu, sa confiance et estime de soi perdus, l'angoisse extrême face à la fin du mois, les factures, l'inconnu, se battre et .

angoisse extrême du manque de revenus pour un responsable de famille monoparentale.
où je me suis résignée à signer un contrat de nettoyage
le soir où une agence tempo me contactais pour un job pourri en sous-emploi
mais payé à 30CHF/h vs. le nettoyage payé à 18CHF/h.

à l'époque, ai cherché. constaté que rien n'existe. aucune assoce (on m'a demandé de devenir chef d'1 truc, de ci de ça: mais n'était que du bluff). aucun soutien. aucune info. aucune aide juridique digne.
ai payé la seule aide juridique trouvée (vieille ville) très cher (pour mes moyens) pour rien (avais fais le travail. 10 min d'aide).

ah, au fait: ne suis que suisse. résidente proche frontière.
Je dis ça parce que me suis adressé aux soutiens juridiques de la ville-de-Ge. (Servette + Carouge). où ai vu que leurs services sociaux & juridiques (Carouge, origine de ma mère) étaient très vite aux petits soins avec certaines catégories. tel avec cet égyptien venant de Lausanne où il vivait sans papiers chez sa copine qui l'a foutu à la porte. La juriste des services carougeois (c'était la même à Servette - je crois qu'elle est française) fit devant moi tout pour lui obtenir tous soutiens, allocation, logement, argent de poche et rapatriement de son dossier à Gve. puis vint mon tour (les demandeurs attendent assis à la même table) où elle me renvoya de suite (a rejeté le reste) agressive et très en colère, à mes pénates de frontalière.

le français boss du dpt IT suisse HSBC, qui fit venir Falciani de la HSBC Monaco à Genève, me vira de mon poste au dpt IT international de la HSBC, pour installer Falciani. Ce petit chef français établi en VD demanda à mon boss chef du dpt IT international d'HSBC, de me faire signer la fin de mon contrat pour faire place à Falciani - j'étais la première à gérer cette nouvelle base de données globale qu'utilisa ce français HF pour ses deals de listings. J'ai refusé surtout de revenir sur une autre chose: ce petit chef fr avait fait venir depuis des mois, des paires de chinois travaillant à son département IT sans papiers, non déclarés: jusqu'à ce que nos chefs de projets (dpt IT international) découvrent que ces chinois (par 2, 4 ou 8, hébergés place des Alpes) n'étaient pas détachés de la filiale HSBC de HKong, mais des temporaires directement venus d'une agence de Shangai... J'ai donc suivi les instructions et fais le nécessaire pour régulariser ces chinois en place depuis plus de 8 mois... gros blâme du français contre moi.
son autre blâme étant que j'avais aidé, soutenu et distribué le dernier message email de l'une des rares collaboratrices suisses, tout aussi rare par sa compétence, victime depuis des mois de harcèlement de ses collègues "frontalières" (cad de Metz, de banlieue parisienne etc), certaines restant inscrites à Pôle Emploi 6-8 mois après contrat signé. Victime de la mise en isolation et rejets, des quolibets et harcèlements des frontalières qui fini par se suicider. cette employée suisse hyper-compétente ne prenait jamais de vacances par peur de perdre son job (un de leurs collaborateurs fut viré en 30 min, leur chef me fit refiler ses fonctions), se portait volontaire en toute gentillesse, finissait leurs jobs en deadlines, débuguait les batches de ces fr à faible compétences IT. Ce que cette super collègue continua de faire par peur de perdre son job, lorsqu'elle fut victime d'accident sur lieu de travail: os d'une main brisés par porte coupe-feu. jusqu'à ce que. elle demanda et obtint, au lieu que les RH n'exécutent son arrêt de travail total et immédiat pour cet accident sur lieu de travail, congé.
Une semaine plus tard, les RH demandaient aux employés de ne rien envoyer - ni voeux ni fleurs, en respect des voeux de la famille.


En l'absence de droit, je doute qu'il soit possible à Genève aujourd'hui d'harmoniser sous le chapeau d'une association, les exigences des différentes communautés très nationalistes d'employées: portugaises, moyen-orient, françaises, espagnoles, italiennes, Europe de l'Est, etc
parce qu'en l'occurrence ce qui m'a fait défaut, c'est la protection de mes droits fondamentaux, en tant que citoyenne suisse, tels mes droits d'accès au travail.

ce qu'on peut faire pour soutenir les lanceurs d'alerte, même tant qu'aucune base juridique ne protège un employé.

Écrit par : giandula | 09/07/2013

Giandula: Je comprends votre colère. Raison pour laquelle je publie votre commentaire. M. Jean-Christophe Schwaab vient de déposer une motion au Grand-Conseil de l'Etat de Vaud pour que les lanceurs d'alerte soient mieux protégés. L'article de ce jour de Transparency International demande aussi aux gouvernements de mieux protéger les lanceurs d'alerte éthique. Meilleures salutations. Merci.

Écrit par : Michèle Herzog | 09/07/2013

merci. Avons-nous une définition du lanceur d'alerte, du domaine d'action ou de fonction? n'aurions-nous pas besoin de faire la distinction de niveaux ou de phases, par exemple entre la phase de la reconnaissance médiatique déclarant un "lanceur d'alerte" après-coup, et l'employé encore en fonction.

Par ailleurs, selon leur comm, certaines multis s'étaient déclarées favorables à l'existence en interne &/ou dans leurs "company policy", d'une plate-forme d'accueil anonyme aux potentiels lanceurs d'alerte.
J'aurais bien aimé une telle approche dans cette multi N°3 de son domaine (tabac), au niveau vice-présidence mondial où j'ai du dénoncer à la présidence qq pratiques à l'encontre de l'éthique et de la Co, dont certaines m'étaient ordonnées pour exécution sous chantage de perte de job. que j'ai donc perdu pour l'avoir fait, licenciement immédiat à sec bien sûr, les concernés & intervenants bénéficiant à contrario de promos inespérées.

bref, ce que je tenais à souligner est d'une part la définition d'un champ d'action concernant les would-be lanceurs d'alerte, ne se limitant pas d'autre part à la médiatisation ou à l'externalisation d'infos ni au sensationnalisme de celles-ci, mais commençant à l'interne des entreprises, champ d'informations "tricky" élargi à leur politique globale d'éthique etc.
encore merci.

Écrit par : giandula | 09/07/2013

A Giandula: Les alertes peuvent être gérées au sein d'une entreprise et c'est aux employés de demander la mise en place d'un système les protégeant. Naturellement, les employés qui ont quitté une entreprise sont plus libres de lancer une alerte. Mais les alertes peuvent aussi concerner le travail d'un service public. J'ai aussi annoncé des faits graves réalisés par certains services publics qui ne respectent ni les lois, ni les citoyens. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 10/07/2013

Bonjour,

En vous lisant, ici ou plus récemment sur le matin.ch (ce qui m'a conduit ici), j'ai l'impression que nous, les sportifs de haut-niveau, sommes des criminels...

Si cela peut vous rassurer, contrairement à ces dernières années je ne trouve plus aucun sponsor, car je suis cycliste. Je suis cycliste propre pourtant, et je suis fier de le rester. Et comme la plupart des mes collègues, je n'éprouverais jamais la moindre fierté à battre quelqu'un en trichant. Le sport reste un jeu et un plaisir. Coûteux c'est vrai.

Je m'investis beaucoup pour les jeunes. Car le cyclisme reste avant tout pour moi une école de vie formidable, ou on apprend la rigueur, le respect des autres... Cela m'a servi pour ma vie professionnelle. Et je suis fier de tout ça.

Reste qu'aujourd'hui, je me fais insulter dans la rue, traiter de dopé en tout cas 10 fois par sortie. C'est invivable. Je suis même refusé dans certains jobs car j'ai été cycliste de haut niveau !

Des tricheurs, il y en a aura toujours. Cela dit, il y en a aura toujours, en proportion, nettement moins dans le vélo et dans le sport que dans la vie de tous les jours où la "triche", très répandue chez les cadres, n'en est pas vraiment car parfaitement légale...

Je ne remets pas en cause votre idée qui est excellente. Mais le "à la place que de le donner à des sportifs drogués" me gène beaucoup.

Et dans mon entreprise, je vois des petits jeunes sportifs plein d'espoirs et de rêves qui viennent demander du sponsoring. Pas des criminels. Pendant qu'ils pratiquent leurs sports, ils ne sont pas dans la rue, ceux-là... Au contraire, continuons de les encourager !

Écrit par : Cédric | 24/07/2013

A Cédric: Merci très vivement pour votre témoignage. Je comprends votre amertume et votre colère. Mais dites moi pour quelles raisons les cyclistes eux-mêmes n'ont-ils pas lancé l'alerte en voyant le dopage prendre autant d'importance ? Cela aurait permis de ne pas laisser la situation se dégrader au point que vous décrivez dans votre message. Second problème: En tant que mère de famille, j'ai aussi aidé de nombreux jeunes à faire du sport (ski, voile). Et de la compétition. C'est en effet mieux que de traîner dans la rue. Dans le cyclisme, j'ai appris par un ami très expérimenté ayant fait de la compétition que les jeunes (encore mineurs) sont très vite mis en contact avec des produits dopants et cela sans que les parents ne le sachent ... C'est un problème très grave dont personne ne parle. Dans la situation actuelle, il est impossible de soutenir financièrement de jeunes cyclistes, car justement il faudrait au préalable trouver un moyen d'interdire le dopage. Et protéger ces jeunes, mais les méthodes n'existent pas. Je suis donc obligée de confirmer mes propos et c'est bien triste. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 24/07/2013

Re-bonjour,

Peut-être votre ami très expérimenté a fait de compétition dans les années 90... Il y avait là un vrai problème, c'est vrai.

Cela dit, depuis les années 2003-2004 il existe un organisme, appelé "Cool and Clean" qui fait de la prévention, et qui compte de nombreux cyclistes, même pro, parmi ses membres. Des coureurs comme Nino Schurter en VTT (médailles olympiques) ou Johann Tschopp sur la route (Top15 sur un tour d'Italie) sont des coureurs qui en font partie, qui sont purs de purs...

J'ai commencé à être à un niveau international à 16 ans. C'était en 2003. S'il est vrai que j'ai vu plusieurs fois le même coureur bien plus âgé "s'enfiler du Ventolin" avant une course, je n'ai jamais rien vu d'autres au niveau des produits dopants.

Par contre, lors des championnats du monde chez les juniors, il y a des conférences entre les épreuves qui sont obligatoires pour tous les coureurs. Le coureur qui n'atteste pas de sa présence par une signature à l'entrée ne peut pas participer aux épreuves ! Ces conférences portent sur le dopage, la lutte qu'il y a contre. J'ai vu des coureurs pros venir témoigner qu'on pouvait réussir une carrière honorable sans dopage. Des anciens pros, anciens dopés, venir nous expliquer pourquoi il boîte à cause de ses os qui partent en miettes, comment il a perdu le goût de tous les aliments, pourquoi il est dans l'impossibilité d'avoir le moindre rapport sexuel, etc... Les ravages du dopage.

Je n'ai jamais vu autant de prévention que dans le vélo ! J'ai vu pour avoir aussi pratiqué à un modeste niveau, le foot, les joints et l'alcool qui circule dans les vestiaires après les matchs, les jeunes de moins de 15 ans qui se font bizuter avec ces produits après leur premier but. Là, c'est même plus un choix, c'est obligatoire ! Dans le foot, dans le ski, dans pratiquement tous les sports les mineurs sont aussi mis en contact avec des produits dopants. Le vélo est diabolisé car lui, il lutte...

Moi, le modeste cycliste amateur, qui est contrôlé 6 fois dans l'année (contre plus de 30 fois pour les pros !)...

6 fois, c'est 3 fois plus que Federer en 2012... Et c'est le double d'un joueur du Real Madrid pendant l'ensemble de sa carrière !

La triste vérité est que le vélo essaie de faire le ménage, mais c'est pratiquement impossible. Le problème, c'est que c'est dans se sport-là qu'on voit le plus les effets, de l'extérieur. Il n'y a pas plus de dopage dans le vélo qu'ailleurs... Il y en a nettement moins, en réalité.

Voyez-le foot. Sur Eurosport, vous verrez parfois une finale mythique des années 80... Regardez-là, et voyez un coureur piquer un sprint en direction du but. Manquer son tir. Il est plié en 2, essoufflé. Regardez la même action aujourd'hui, dans le championnat de Suisse. Le joueur va se mettre les mains sur la tête en signe de déception et repartir en trottinant, sans le moindre essoufflement. Aucun entrainement ne le permet. C'est un non-sens. On appelle ça EPO.

Sur un Tour de France, on a grand maximum 10% des coureurs dopés aujourd'hui (contre une statistique proche de 98% dans les années 90, je vous l'accorde...) Je peux vous certifier que dans le foot, comme plein d'autres sports, on est encore à 98%...

J'avais participé à une séance réservée à des entraîneurs (car je suis entraîneur, pas dopeur) à Aigle, au CMC, où il y avait plusieurs grands noms du sport... Un entraîneur en cyclisme sur piste avait posé la question à un certain Sepp Blatter : "Monsieur Blatter, hier s'est disputé la finale de la coupe de Suisse entre Zürich et Bâle. Si les contrôles EPO étaient instauré dans le foot, est-ce qu'il y aurait eu assez de place dans le car d'une équipe pour mettre tous les coureurs positifs ?"

La réponse de M. Blatter en disait long : "Joker..." (avec un petit sourire gêné...)

Eh oui, j'ai un scoop : il n'y a qu'en cyclisme, en tennis et en athlétisme que l'EPO est recherchée en 2013. Dans tous les autres sports, elle est interdite mais aucun contrôle n'est effectuée, car trop cher (1000 CHF le test de détection...)

Si on ajoute qu'en tennis, c'est géré par l'ATP (Association des Tennisman Professionnel, donc les joueurs eux-mêmes qui se contrôlent tout seul... Voyez la crédibilité.

Moi, j'entraîne des jeunes de l'équipe suisses, qui court au niveau international chez les espoirs (moins de 23 ans). Quand moi je courrais à ce niveau, j'ai vu une fois où l'autre un coureur faire quelque chose qui n'était pas normal. Et se faire prendre quelques mois plus tard. Aujourd'hui, aucun de ces jeunes n'a vu quoi que ce soit.

Si vous allez proposer des produits dans une course de vélo, vous allez vous faire lyncher sur place par la plupart... Le vélo n'est plus ce qu'il était.

Le vélo a la réputation qu'il mérite. Je le nie pas. Mais les coureurs qui font du vélo aujourd'hui ont juste hérité de la connerie des plus âgés et paie pour eux. Ce qui est honteux.

Quand je vois que lorsque l'on attrape un cycliste de seconde zone, il y a une page complète dans le journal, et que lorsqu'on confisque à une douane 260'000 doses d'EPO (de quoi aider pendant une année près de 2200 athlètes !) destinée à de la gymnastique, on en a pas une seule ligne, c'est écœurant.

Mon rêve serait que tous les sports soient traités de la même manière. Le vélo aurait alors valeur d'exemple aujourd'hui. Croyez-moi si vous le voulez. Je vous invite à venir vivre un tour de l'intérieur, et à voir comment réagit un coureur amateur lorsqu'on lui parle d'Armstrong ou Froome, si vous hésitez à vous laisser convaincre. Dans l'équipe de Suisse, 100% des 12 coureurs U23 sont pour une suspension à vie dès la première infraction...

Encore une fois, le fait de préférer investir ailleurs que dans le sport me paraît judicieux pour des raisons "logiques". Le sport d'élite n'est vital pour personne. Mais ces arguments de dopage me hérisse le poil...

Merci de m'avoir lu, et meilleures salutations.

Écrit par : Cédric | 25/07/2013

Ah, je tenais à rajouter que les cyclistes suisses sont suivis par Gérald Gremion. Le fameux médecin qui s'était fait insulté en 1999 quand il avait annoncé, à raison, que 99% des coureurs du Tour de France étaient dopés.

Voyez sont avis aujourd'hui dans le journal 24H. Il pense qu'on est passé de 99% de dopé, à moins de 5%... Et il aimerait qu'on aille faire un tour dans les autres sports.

Salutations.

Écrit par : Cédric | 25/07/2013

A Cedric: Merci pour vos commentaires et vos explications. J'espère que les jeunes sportifs et les entraîneurs réaliseront un combat contre ces produits dopants, dans tous les sports. C'est très urgent. Et très compliqué aussi, car les résultats rapportent beaucoup d'argent ... Si le public boycottait certains événements sportifs, la situation évoluerait certainement aussi. Si les sponsors cessaient de soutenir les sportifs dopés, la situation s'améliorerait aussi. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 25/07/2013

Re-Bonjour,

Là, je vous rejoins. Il y a trop d'argent dans le sport d'une manière générale. Il est évident qu'il est très dommage de soutenir les sportifs dopés. Mais comment faire la différence à coup sûr ?

Il faudrait surtout soutenir les sportifs qui en ont vraiment besoin. Les entreprises sont prêtes à mettre plusieurs millions pour Federer. Cela est immoral. Même s'il s'avère qu'il est propre, pour moi le sponsoring doit servir à une aide pour des sportifs n'ayant par exemple pas de parent, et personne pour les aider à se rendre sur les compétitions.

Je suis pour un sponsoring envers des sportifs nécessiteux, de quelques milliers de francs par année. Je suis absolument contre le sponsoring de sportifs riches qui se négocie à coup de millions....

Dans le vélo, on est en train de le réaliser, ce combat. Mais on ne donnera jamais l'impression d'être vainqueur, car il y en a toujours un qui tentera. C'est la nature humaine.

Vous savez, même pour les causes que vous défendez, même dans les ONG, il y a de la corruption, de la triche.

Pour le vélo, un jour on pourra comparer aux autres sports. Mais en attendant, il n'y a qu'à regarder le rapport du Sénat français qui parle de 200 cas positifs dans près de 20 disciplines différentes. Oui, il y a 18 cyclistes. Pourquoi n'a-t-on pas publié les noms de 172 (!) autres sportifs positifs ?

Sur le fond de vos idées, je vous rejoins tout de même.

Salutations,
Cédric

Écrit par : Cédric | 25/07/2013

A Cédric: Merci pour cet échange d'idées. Le monde n'est pas parfait, mais si chaque citoyen essaie de se battre pour une cause juste, la situation s'améliorera forcément. Ce qui me donne du courage pour mon combat commencé en 2004 et qui continue, car j'ai été condamnée pour diffamation en 2010 (erreur judiciaire) et je n'arrive toujours pas à obtenir la véritable valeur d'un legs reçu en décembre 2008 .... Meilleures salutations. Bonne soirée à Vous.

Écrit par : Michèle Herzog | 25/07/2013

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