02/03/2015

UBS France: Qui va être condamné ?

Bonjour,

Mme Stéphanie Gibaud a dénoncé les actes illicites d’UBS France découverts sur son lieu de travail. Quand Mme Gibaud a compris que des actes anormaux avaient lieu, elle a averti sa hiérarchie et ses supérieurs n’ont pas du tout apprécié ses démarches.

Mme Gibaud a alors mis les preuves en lieu sûr, puis a dénoncé ces faits aux Autorités françaises. D’où l’enquête ayant lieu actuellement en France pour comprendre comment les banquiers d’UBS travaillaient sur le sol français; enquête qui va donner lieu à un procès pénal.

Raison pour laquelle M. Bradley Birkenfeld, ex-employé d’UBS en Suisse ayant dénoncé les actes illicites d’UBS aux USA, vient d’être interrogé à Paris afin d’aider les enquêteurs français à comprendre les actes réalisés par les banquiers d’UBS.

L’émission « Faut pas croire » de la RTS 2 du 1er mars a permis à Mme Gibaud d’expliquer sa version des faits. Et je vous conseille vivement de regarder ce reportage :

http://www.rts.ch/emissions/religion/faut-pas-croire/6476...

 

Le procès de Mme Gibaud va avoir lieu ces prochains jours à Paris et il va être très important de savoir comment une lanceuse d’alerte va être traitée dans ce pays qui défend la liberté d’expression.

D’autre part, il sera également très important de savoir comment les responsables d’UBS seront traités par la justice française. L’amende payée va-t-elle leur permettre d’éviter des condamnations pénales ?

Merci d’avance pour vos commentaires. Meilleures salutations.

 

Texte ajouté le 18 mars 2015: Le 5 mars 2015, la justice a reconnu que Mme Gibaud a été "harcelée pour avoir refusé de souscrire à l'ordre demandé de détruire les fichiers informatiques et archives tendant à prouver l'évasion fiscale pour laquelle une affaire pénale concernant UBS est en cours".

Mme Gibaud n'a donc pas été condamnée et la justice lui a octroyé un montant de 30'000 Euros de dédommagements (montant payé par UBS France). Ce jugement fera jurisprudence pour les autres lanceurs d'alerte.

UBS a déclaré à l'AFP qu'elle ne ferait pas appel suite à cette décision. Le délai pour faire appel est fixé au 4 avril 2015.

Il est bien clair que ce montant de 30'000 Euros est dérisoire au vu des difficultés vécues par Mme Gibaud. J'espère vivement que ses avocats la défendront et obtiendront des dédommagements beaucoup plus sérieux.

Texte ajouté le 19 juin 2015: Mme Gibaud, courageuse, continue à fournir des informations concernant les actes illicites réalisés. Cette fois, l'Amérique latine et l'Argentine sont concernées. Je constate que dans les entreprises, les employés courageux, osant dénoncer les faits graves qu'ils découvrent, se comptent sur les doigts d'une main.

http://www.lematin.ch/economie/ubs-reseau-specialement-de...

Commentaires

Je suis l'histoire de Stéphanie Gibaud avec beaucoup d'attention. Je la soutiens. Stéphanie est Française, moi je suis Suisse. Nos histoires se ressemblent, un peu. La mienne, #SAPLeaks, est infiniment plus grande, tellement grande que l'elite délinquante fait absolument tout pour l'étouffer et me faire disparaitre. Je suis un "témoin de crime économique mondial" qui dérange. Je soutiens Stéphanie de tout coeur, même si son avocat m'a envoyé droit direct au cimetière en automne dernier, sans aucun scrupule. Ma patrie la Suisse, qui excelle dans l'art de paraitre, ne m'a pas vraiment soutenu. Un autre pays est venu en aide. Je n'ai pas encore dit mon dernier mot, ni à Maître Bourdon ni à Didier Burkhalter. Pour le moment il n'y a justice ni d'un côté, ni de l'autre de la frontière franco-suisse... Plus? Sur mon site. Pas seulement en anglais.

Écrit par : Caroline Olsen | 02/03/2015

Un article a été publié ce 2 mars 2015 sur le site de la TDG concernant les déclarations de M. Birkenfeld. Et il est impossible d'ajouter un commentaire à cet article sur le site de la TDG. Pourquoi ?

Écrit par : Michèle herzog | 02/03/2015

A Mme Caroline Olsen: Merci pour votre message. Un journaliste a-t-il écrit un article en français expliquant votre combat ? Merci d'avance pour votre réponse. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 02/03/2015

A Caroline Olsen: Merci pour ces informations. Je comprends mieux ce silence. Concernant mon combat, c'est pareil. Peu de journalistes osent en parler. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 03/03/2015

De ma part, quelques mots sur le reportage et sur le débat de RTS 2 programme "Faut pas Croire" du 1er mars 2015. Pour comprendre mes commentaires, je vous prie de voir le reportage d'abord.

Le programme invite l'audience à mettre des commentaires sur le site. Mais on ne les publie pas, ou au moins on a pas publié les miens. Etrange?

Puis, pourquoi RTS n'a pas invité un lanceur d'alerte en Suisse pour qu'on décrive la situation Suisse? Un duo avec Mme Gibaud aurait été plus intéressant que de récolter l'avis de personnes qui n'ont jamais fait ce parcours pour nous rapporter ce cauchemar que vivent les lanceurs d'alerte et ne peuvent juger la situation que d'un point de vue théorique. Les commentaires ci-dessous illustrent mon point:

Madame Zaki définit les lanceurs d’alerte, sur la base de quelques cas spécifiques et selon son opinion personnelle, alors que le Conseil de l’Europe a déjà défini le terme " lanceurs d’alerte" (voir article du Journal Le Temps, 19 février intitulé "SwissLeaks: l’avenir reste sombre pour les lanceurs d’alerte")

En tant que lanceur d’alerte on doit suivre la voie interne de son employeur. Cependant, comme Madame Gibaud l'a expliqué dans le reportage de RTS2, dans un grand nombre de cas, la voie interne conduit les lanceurs d'alerte aux mesures de représailles et licenciement, sans une véritable protection de la part de la société. Alors, il est clair qu'un lanceur d'alerte qui veut agir éthiquement ne peut révéler son histoire au public qu'une fois à l'extérieur. De plus, il y a des faits, e.g. des situations de menace, qui ne sont pas si faciles à dénoncer, car on ne sait pas comment la situation va se développer et être jugée par la suite ( voir http://www.foodsafetymagazine.com/magazine-archive1/junejuly-2014/whistleblowing-food-safety-and-fraud/). Les cas de Manning, Snowden étaient des situations claires sans équivoques.

En ce qui concerne écrire son histoire, on a besoin d'une telle démarche a) comme thérapie et b) pour documenter ce qui s'est passé. Ceci rentre dans le processus de lancement d'alerte, car dans l'intérêt général, le lanceur d alerte veut avant tout des changements à long terme pour que la situation change. Aussi, pour rétablir sa crédibilité et raconter sa version des faits dans son intégrité, car il est important de décrire les circonstances des actions.

Concernant les systèmes d'alerte internes évoqués par M. Fleury, dans certains cas c’est la direction qui est à la source des faits. Alors, comment un système d’alerte interne, même indépendant, qui rapporte à la même direction peut-il changer la situation ?

En tant que responsable de la sécurité sanitaire des aliments chez Nestlé j’ai rapporté les défaillances au Directeur des Operations de Nestlé. Il me répond que tout va bien, il n'y pas de problèmes. Il me dit "nous avons un système d'alerte interne". Il me refuse un audit; 3 mois plus tard, on a eu la plus grande intoxication alimentaire aux USA. 77 personnes sont tombées malades de la bactérie tueuse E.coli O157.

Écrit par : Yasmine Motarjemi | 03/03/2015

"Je comprends mieux ce silence."

Tout le monde a compris.

Écrit par : Ben oui, ca arrive | 03/03/2015

Très courageuse, Mme Stéphanie Gibaud a dénoncé les actes d'UBS France (aides à la fraude fiscale). Elle a donc été licenciée par UBS France. La justice française a réclamé une caution de plus d'un milliard d'euros à UBS France qui a fait recours jusqu'à la CEDH. Heureusement, la Cour EDH vient de rejeter le recours d'UBS. Voilà l'article:

http://www.lematin.ch/economie/cedh-valide-caution-imposee-ubs/story/31528745

Écrit par : Michèle Herzog | 15/01/2017

Les commentaires sont fermés.