22/10/2017

Emission INFRAROUGE du 18.10.2017: Affaire Weinstein - la fin de l'omerta ?

Bonjour,

Cette émission INFRAROUGE sur le harcèlement sexuel en Suisse était très intéressante et je vous conseille vivement d'en prendre connaissance. Voilà le lien:

http://www.rts.ch/play/tv/emission/infrarouge?id=404386&a...

Mais j'ai constaté que les trois avocats présents sur le plateau de l'émission (Lorella Bertani, Anne Reiser et Marc Bonnant), pourtant tous genevois et très expérimentés, n'ont pas évoqué le très grave problème subi par les victimes ayant le courage, en Suisse et à Genève, de se plaindre auprès de la "justice".

En effet, en Suisse huit plaintes pour harcèlement sexuel sur dix sont rejetées par la "justice" d'après l'étude réalisée par Mme Karine Lempen, Professeure de droit à l'Université de Genève. Voir l'article suivant de ce blog, daté du 19.10.2017.

Me Marc Bonnant ne peut l'ignorer car il est avocat à Genève depuis de très nombreuses années, a été Bâtonnier de l'Ordre des avocats genevois à 41 ans et en 2015 il était membre du Conseil Supérieur de la Magistrature du canton de Genève. Ce Conseil devrait vérifier que l'institution judiciaire genevoise effectue son travail sérieusement et applique les lois. Les décisions prises de manière arbitraire devraient être sanctionnées. Manifestement, ce n'est pas le cas. La situation est identique dans les autres cantons romands: il n'existe aucun contrôle efficace et indépendant du système judiciaire.

A mon avis la fin de l'omerta ne doit pas seulement concerner les victimes de harcèlement sexuel qui se taisent, mais devrait aussi s'appliquer aux dérives de l'institution judiciaire dans les cantons romands.

Si l'institution judiciaire n'applique pas les lois et prend des décisions arbitraires (en général sans rechercher la vérité, en ignorant les faits, en n'appliquant pas les lois et en protégeant les citoyens dominants), il est alors totalement inutile que les victimes de harcèlement sexuel déposent une plainte.

Cet aspect n'a pas été soulevé de façon assez énergique dans l'émission Infrarouge. Merci d'avance, Mme Esther Mamarbachi, si vous pouviez réaliser une prochaine émission sur ce sujet: Les décisions judiciaires totalement arbitraires dans les cantons romands: la fin de l'omerta ?

Merci aux lecteurs de cet article pour vos commentaires qui seront publiés sur ce blog. Meilleures salutations.

 

Commentaires

Mme Herzog,

Comme vous avez raison ! Lorsque la comédienne a interpellé les 3 avocats en leur demandant : si vous prétendez que la machine judiciaire fonctionne, comment se fait-il qu'au final, les rares personnes qui osent dénoncer et porter plainte finissent tout de même par être licenciée ? Elles n'ont pas déposé plainte dans ce but-là ? Il y a eu un gros moment de silence.
M6-Dans Capital Exclusif, a déclaré début octobre que 96% des plaintes pour harcèlement sexuel sont classées d'office.
Sur France2, il y a eu la diffusion d'un film décrivant extrêmement bien les imbrications menant à un meurtre de la personnalité, la victime, désireuse de conserver son job, y va chaque jour la peur au ventre, n'osant se plaindre, jusqu'à l'effondrement total...de sa personnalité, de son couple, de sa santé, de sa famille qui ne trouve rien de mieux que de l'accabler encore un peu plus avec des yaka, tavèka, et des pourquoi t'as rien dit accusateurs...
Suivi d'un débat sur ce qui est du harcèlement et ce qui n'en est pas...débat qui m'a permis de comprendre que nous en avons tous une définition qui tend à nous garder dans une zone de confort personnelle et qui n'a rien avoir avec le ressenti de personne qui en sont victimes ou en ont déjà été victimes.
L'émission de radio-RTS a permis à Mme Lempen de nous dire qu'en Suisse, 80% des plaintes n'aboutissent pas.
Je rejoins la comédienne invitée sur Infrarouge qui a résumé ceci en disant : société fait par des hommes et pour des hommes.
Le problème réside en partie là.
Une partie du monde masculin n'a pas encore évolué et s'en prend à ses paires parce qu'elles y sont arrivées ! Oui, des femmes médecins, procureures, médecins-légistes, avocates, professeures, policières, cheffe d'intervention, conductrice dans les transports publics ne devraient à l'heure d'aujourd'hui pas plus choquer que des sages-hommes, des esthéticiens ou des secrétaires au masculin.
Quand j'ai essayé de demander des changements radicaux/une médiation au sein de mon service, j'étais confrontée à un homme. Ma hiérarchie est également composée d'hommes uniquement. La femme qui chapeautait tout ça réagissait et fonctionnait *comme un homme*, ce qui explique qu'on l'a nommée à ce poste/titre. Quand vous déposez plainte dans un poste de Police, vous êtes confronté(e) à de virils machos qui tentent déjà de vous faire peur. Confronté(e) à un avocat/e, il faut avoir le courage de témoigner de faits devant une personne qui a le droit de mettre en doute ce que vous dites et que vous ne connaissez pas. Si procès il y a, vous êtes à nouveau confronté à des juges/procureurs essentiellement hommes...c'est infernal !
Connaissant ces chiffres, ils sont effectivement complètement dissuasifs. Est-il nécessaire de se plaindre, si au fond, on bafoue nos CCT, nos règlements d'entreprises, nos codes de conduite ?!
Comme quoi, le chemin est encore long !
Les Simone de Beauvoir, Veil se retourneraient dans leurs tombes de savoir la régression qu'on est en train de subir, alors qu'elles se sont battues pour notre émancipation, de sorte à ce qu'on puisse aussi obtenir un métier et des responsabilités. Quand vous entendez des collègues vous dire que vous êtes juste à peine capable de ramener le contenu de la boîte aux lettres sur le bureau de votre chef de service, vous comprenez assez rapidement la considération qu'on risque de vous accorder.

Mireille (une rare qui a déposé plainte et se bat)

Écrit par : Gobat M | 22/10/2017

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A Mme Gobat: Merci très vivement pour votre commentaire. Pour les internautes qui ne connaissent pas votre combat, merci de lire cet article de mon blog:
http://egalitedescitoyens.blog.tdg.ch/archive/2017/05/20/harcelement-au-travail-un-reportage-tres-interessant-de-tsr1-284172.html
Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 22/10/2017

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Dans tous les domaines les lanceurs d'alerte finissent par être les victimes de leur "imprudence" (c'est ainsi que l'on nomme parfois le courage de l'honnêteté).

Écrit par : Mère-Grand | 23/10/2017

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Est-ce vraiment le cadre législatif qui doit évoluer? Fétichiser des textes légaux en pensant qu'ils amélioreront les choses me paraît une méthode vouée à l'échec.
C'est en effet celle qui est suivie par des gens pleins de bonne volonté depuis des siècles, mais qui ne peut aboutir du fait de l'état d'esprit des juges et juristes qui se sont emparés du pouvoir et entendent le garder par tous les moyens, peut-être même en noyautant des associations qui ont au départ des intentions parfaitement valables du point de vue humain et respect.
Au lieu des fétiches textuels, ce n'est que la recherche par chacun (évidemment juges et juristes compris, ainsi que tous les assermentés) de la hausse du niveau de sa conscience personnelle, qui offre une amélioration pérenne à l'harmonie en société.
L'engagement dans ce sens des victimes de l'ego des ignorants de cette nécessité est indispensable.
Merci donc à Mesdames Motarjemi et Herzog de montrer l'exemple, probablement plus efficace que des emplâtres sur les jambes de bois que sont les lois qui, au demeurant, violent sans relâche l'essence et la lettre de la Constitution (voir art. 36.4 Cst féd). Le viol, également par les assermentés réélus ou renommés, des principes de la bonne foi (art. 5.3 Cst féd) et de la participation aux tâches de l'Etat (art. 6 Cst féd) contribuent à la déliquescence de la société ainsi que l'absence de respect de soi-même. Les contre-pied de ces violations, dans l'esprit, sont les premières pistes à suivre pour ceux qui entreprennent cette recherche.
Si les ONG sont noyautées, la réponse est le noyautage de la conscience des "élites" par l'exemple donné par toutes celles et ceux qui risquent leur existence et leur liberté par leur exemple.
Merci à elles et à eux, et merci aussi aux ONG qui les aident, mais le feront encore mieux si elles promeuvent parallèlement la recherche de la hausse du niveau de la conscience personnelle.

Écrit par : Pierre Santschi | 24/10/2017

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A M. Pierre Santschi: Merci Monsieur pour votre commentaire. Je pense que la situation s'est tellement dégradée, que le niveau de conscience des personnes devant appliquer les lois en Suisse est tellement bas que s'il faut attendre que leur niveau de conscience s'améliore, il faudra attendre des lustres. Ceci n'est plus acceptable. Ces personnes doivent être sanctionnées et remplacées par des magistrats ayant déjà un meilleur niveau de conscience (preuves à apporter !). Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 24/10/2017

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@ Pierre Santchi
"Est-ce vraiment le cadre législatif qui doit évoluer?"
En tout cas il manque, dans le cadre législatif, un article sur les institutions qui oblige chaque canton à se doter d'un organe qui recueille toutes les doléances de mauvais traitement au travail, en amont des plaintes judiciaires.
Pour le civil, outre les plaintes auprès de la police, un organe semblable recueillerait les cas de mauvais traitement en famille.

Dans le feu qui consume lentement mais sûrement les victimes, il faut des lieux où des gens compétents et expérimentés les écoutent et desquels elles peuvent recevoir des conseils, entre autres, sur les mesures à prendre et à mettre en place immédiatement.

Quant au choix des juges, on serait mieux servis par ceux qui se sont spécialisés dans ce domaine. Ceux-ci savent exprimer des exigences pour une conduite rigoureuse de l'instruction.

Quant aux élites? Elles n'utilisent pas le pouvoir que lui confie le peuple: le pouvoir de demander la création des organes d'enquête sur les lieux du crime. Ce n'est qu'avec la possibilité d'exiger que les documents administratifs et de travail soient mis sur la table en complément des déclarations libres qu'on peut se faire une idée dudit harceleur ou de ladite incriminée harceleuse.

Bien sûr, il existe des harceleurs-hommes, mais il existe autant de harceleurs-femmes qui sont nettement plus féroces, nettement plus impitoyables.

Quant à la conscience des élites ET des ONGs, il ne suffit pas de subventionner des brochures sur la prévention de ces risques spécifiques et de financer des cours de sensibilisation offerts aux patrons et aux haut cadres de l'administration, il faut aussi leur (ONGs)demander des comptes sur le résultat de leur travail, les obliger à un rapport annuel. On s'apercevra bien vite que c'est un cache sexe très personnalisé pour quelques uns. Les ONGs sont surtout un tremplin politique, un faiseur de noms et de titres honorifiques payé avec l'argent public.

Si on veut être efficace, la constitution, par une initiative populaire à défaut d'un PL du parlement, devra rendre responsable l'élu à la tête de son décastère - de l'ensemble de son administration de son budget de son bilan humain. On l'obligera à la fin de sa mandature, non pas la rédaction de son auto-glorification, mais d'un vrai rapport d'activité et de résultats. Il devra passer devant le jury qui est le peuple.
La Constitution devrait permettre de traduire le magistrat devant la justice pour manquements têtus et notoires. Ainsi, les candidatures au Conseil d’État seraient moins sujettes au recyclage des scories idéologiques.

Trop souvent, on entend un magistrat arguer sa position d'élu politique pour ne décider et ne faire appliquer que ses volontés politiques et pour s'interdire éthiquement de se mêler de la gestion de son administration confiée à de haut-cadres qui ont reçu des pouvoirs disproportionnés, ceux-ci qui peuvent même détourner et ruiner une république.
J'aimerais ici, faire remarquer que pareils propos ne font que traduire l'immaturité ou le désintéressement de l'homme politique pour ses charges. Dire qu'un magistrat qui accepte la direction d'une administration est un gestionnaire doublé d'un pouvoir législatif de faire des propositions au parlement et à la justice, de faire respecter les décisions d'un parlement, d'informer, de saisir le parlement et ses commissions. Un gestionnaire humain aurait demandé ces moyens là pour améliorer les conditions de son travail, les conditions pour être à la hauteur des charges.
La classe politique qui fait le choix d'ignorer ces habilitations choisit tout bonnement de se déresponsabiliser. Elle méprise son électorat et tout le monde.

"Si l'institution judiciaire n'applique pas les lois et prend des décisions arbitraires (en général sans rechercher la vérité, en ignorant les faits,..."

Comme je le disais plus haut, si l'élite politique n'use pas de son pouvoir et ne cherche pas à recevoir davantage d'attributions du législateur, la justice, elle, devrait plaider pour plus d'outils de travail. La commission judiciaire des cantons devrait se pencher sur cette question et dégager un consensus sur le partage des nouvelles attributions si les instances décident d'en avoir.
Un autre magistrat, responsable de la santé publique serait l'autorité la plus appropriée pour réclamer de nouveaux outils, de nouvelles instances.

Écrit par : Beatrix | 24/10/2017

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Chers amis il y a aussi le statut "des personnes assermentées" les policiers par exemple, et pas du tout par hasard, elles peuvent dire absolument n'importe quoi, mentir devant un tribunal et faire condamner leurs propre victimes, alors prudence!

Écrit par : dominique degoumois | 25/10/2017

Je reviens sur ce que je disais l'autre jour pas un seul comédien américain en vu, un clooney, un deep ou un damon pour dénoncer cet homme, donc tous étaient au courant! Et pass une seule journaliste pour les dénoncer, pourquoi?

Écrit par : dominique degoumois | 25/10/2017

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Il y a quelques jours un citoyens genevois a été attaqué à la barre de fer par des dealers dans le quartier de Paquis, alors qu'il avait correctement garé sa voiture. Mais les dealers lui ont expliqué que sa voiture gênait leur commerce, alors ils ont fracassé la voiture avec cette barre de fer! L'automobiliste est donc allé voir la police, mais on lui a répondu que l'on ne pouvait rien pour lui! Et après on trouve des articles dans la presse qui nous parlent de diminution significative de l'insécurité dans les rues de Genève!

Écrit par : dominique degoumois | 26/10/2017

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