26/12/2017

Lausanne: Scandale de la Fondation de Beaulieu annoncé dès le 22.12.2017

Bonjour,

Dès le 22 décembre 2017 des articles ont été publiés dans la presse expliquant ce nouveau scandale financier qui porte semble-t-il sur des millions de francs suisses. Il faut savoir que cette fondation gère de l'argent public. La fraude supposée a été découverte lors d'un audit demandé par la ville de Lausanne et le canton de Vaud. Voilà un article expliquant la situation:

https://www.lematin.ch/vaud-regions/La-Fondation-de-Beaul...

 

Voilà le site de cette fondation: https://www.fondationdebeaulieu.ch/fr/

Vous y trouverez de nombreuses informations utiles. En particulier les noms des responsables devant surveiller le bon fonctionnement de cette fondation. Ainsi que les comptes et les rapports de l'organe de révision pour les années 2012 à 2016, période pendant laquelle il semblerait que des faits anormaux aient eu lieu.

Voilà ce qui me choque dans cette affaire financière. L'article de 24 Heures du 22.12.2017 dit ceci: "Le mécanisme a été trompeur pour tout le monde ... En effet les comptes 2015 et 2016 ont passé sans encombre l'examen de l'organe de révision indépendant. Celui-ci, Ofisa SA, était limité à un contrôle restreint ...".

Plus loin, il est écrit: "Le contrôle restreint part du principe que tout est en ordre, à moins qu'un élément examiné ne vienne contredire ce postulat, résume Olivier Bally, président de la section vaudoise de l'Union suisse des fiduciaires".

Je comprends ceci: L'organe de révision ne réalise qu'un contrôle restreint, ce que les responsables de la fondation (Conseil de fondation) savent parfaitement, et ensuite personne ne réalise de contrôles en prétendant qu'il existe un organe de révision !

Voilà le site de la Confédération expliquant quels sont les 3 différents type de contrôles possibles et quelles sont les conditions permettant de réaliser un contrôle restreint (au lieu d'un contrôle ordinaire plus sérieux):

https://www.kmu.admin.ch/kmu/fr/home/savoir-pratique/fina...

Etant donné que le bilan de cette fondation a varié de 80 à 92 millions de francs suisses pendant les années 2011 à 2016, elle devrait à mon avis faire l'objet d'un contrôle ordinaire, même si elle ne remplit pas la seconde condition liée à son chiffre d'affaire ou au nombre d'employés. Etant donné qu'il s'agit d'argent public, j'estime que le contrôle restreint ne devrait pas être possible dans le cas de cette fondation.

Cela est d'autant plus important que toutes les personnes du Conseil de la fondation sont des personnes effectuant de nombreux mandats. Elles n'ont donc pas le temps d'effectuer des contrôles. D'où les dérives découvertes. Cette situation anormale (accepter des mandats pour un temps de travail global supérieur à 100 % ... ) devrait être abolie dans les meilleurs délais.

Il faut savoir que si 10% des actionnaires d'une société refusent le contrôle restreint, l'organe de révision doit alors continuer à réaliser un contrôle ordinaire, beaucoup plus sérieux que le contrôle restreint.

Voilà ma 1ère question: Pourquoi les responsables de cette fondation n'ont-ils pas exigé un contrôle ordinaire au nom de l'Etat qui détient plus de 10% des fonds de cette fondation ? Cela aurait certainement permis de détecter les problèmes beaucoup plus rapidement.

Seconde question: Dans le canton de Vaud, combien d'autres fondations gérées par des politiciens(nes) font l'objet d'un contrôle restreint (donc très peu utile), alors que ces fondations gèrent de l'argent public ?

3e question: Combien coûte un contrôle restreint, alors qu'il est très peu efficace ?

4e question: J'ai vu sur le site de la fondation que le rapport de révision d'Ofisa était signé par A. Cottier (expert-réviseur agréé). Cette personne a-t-elle un lien de parenté avec le procureur général Eric Cottier ? Si oui, cela pose un problème pour la suite de cette affaire (procédure pénale). Information ajoutée le 7.1.2018: Une recherche sur le site du Registre du Commerce vaudois concernant Ofisa SA montre que M. Antoine Cottier est administrateur avec signature collective à 2 et qu'il est originaire de Rougemont, ce qui est aussi le cas de M. Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud ...

5e question: Pourquoi la Confédération suisse a-t-elle créé ce contrôle restreint dès l'année 2008, alors qu'à la même période de nombreux scandales financiers éclataient ? Pour attirer des sociétés en Suisse ? Pour faciliter certaines opérations comptables ?

6e question ajoutée le 7.1.2018: Mais qui a lancé l'alerte ? Bien qu'un second article d'une page ait été publié dans le journal 24 Heures des 6-7 janvier, aucune information ne permet de comprendre quelle personne a lancé l'alerte. Sachant que les lanceurs d'alerte ne sont pas protégés en Suisse, cette personne veut-elle rester anonyme ?

 

Cette nouvelle affaire montre que c'est toujours la même chose: on fait croire aux citoyens que des contrôles sérieux existent, alors que tous les responsables savent que ces contrôles n'existent pas !

Ensuite les responsables, comme dans les autres affaires financières (voir par exemple les responsables des banques), ne seront pas responsables ... Affaire à suivre.

Merci d'avance aux journalistes qui se renseigneront et répondront à mes questions dans un futur article.

Merci pour vos commentaires. Meilleures salutations.

 

Commentaires

A tous les lecteurs de mon blog je souhaîte une année 2018 pleine de bonheur, de santé et de succès. Et de continuer à s'engager pour comprendre et améliorer le fonctionnement de nos institutions. Merci à Vous. Meilleures salutations.

Écrit par : Michèle Herzog | 03/01/2018

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Bonjour,
Concernant cette très grave affaire financière vaudoise, un nouvel article d'une page a été publié dans le journal 24 Heures des 6 et 7 janvier. Voilà le lien: https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/beaulieu-magouille-gene-politiques/story/16194181
On apprend qu'à sa création en 2000, la Ville de Lausanne avait investi 33 millions, le canton de Vaud 30 millions et d'autres communes 14 millions ... De 2000 à ce jour le conseil de cette fondation n'était composé que de politiciens et de syndics ...
A part le secrétaire général destitué qui fait l'objet d'une plainte pénale, d'autres personnes pourraient être impliquées. Affaire à suivre.

Écrit par : Michèle Herzog | 07/01/2018

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Bonjour,
Dans le canton de Vaud, les petits et moyens contribuables sont soumis à des contrôles très stricts. M. Broulis, Conseiller d'Etat responsable des finances nomme cela "L'impôt heureux" (titre de son livre).
Mais dès que les sommes sont supérieures à 10 millions,les contrôles très stricts se volatilisent ... Et les millions disparaissent avec une facilité déconcertante. Cela concerne les comptes de certaines sociétés, les déclarations d'impôt et les successions.

Écrit par : Michèle Herzog | 07/01/2018

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J'apprends ce 18 janvier par un article de 24 Heures que le syndic de Lausanne M. Grégoire Junod a accepté 51 mandats dans des sociétés, assocations, fondations en plus de son travail de syndic à 100%. Vraiment scandaleux.

S'il existe du chômage c'est justement parce que certaines personnes cumulent les emplois. Il est impossible de réaliser correctement un travail de syndic et en plus de cumuler 51 mandats. A mon avis cette façon de pratiquer correspond à des emplois fictifs. D'où les dérives qui ont lieu car les contrôles sérieux sont impossibles à réaliser dans de telles conditions.

D'autant plus que les autres personnes du Conseil de la Fondation de Beaulieu font la même chose !

Qu'en est-il des comptes de ces 51 autres sociétés ? Quelle est la totalité de l'argent public investi dans ces 51 sociétés ?

Merci aux journalistes de nous fournir des réponses à ce sujet.

Écrit par : Michèle Herzog | 18/01/2018

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Je suis scandalisé par ces dérives si elles sont avérées. Je souhaite vivement que des journalistes fassent des travaux de recherche et d’analyse. La vérité sortira bien un jour.
Merci de votre article et bonne chance.

Écrit par : Bourquin | 19/01/2018

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