Harcèlement: Victoire de Mme Yasmine Motarjemi contre Nestlé !!!!!

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Bonsoir,

Extraordinaire nouvelle reçue de Mme Yasmine Motarjemi après un combat de David contre Goliath réalisé dans le canton de Vaud ! Mme Motarjemi, que j'ai rencontrée à plusieurs reprises ces dernières années et qui a commencé sa procédure contre Nestlé en 2011, m'a immédiatement annoncé la nouvelle extraordinaire de sa victoire. Mais je ne devais pas en parler.

Aujourd'hui elle m'a envoyé ce message email:

Chers tous,

En ces premiers jours de l'année 2020, je voudrais vous adresser mes salutations et vous souhaiter une très bonne année.

J'ai le plaisir de vous faire part du communiqué de presse ci-joint qui annonce une bonne nouvelle et une étape importante dans mon combat pour la sécurité sanitaire des aliments, la santé publique, les droits humains et la justice. 

Je tiens à exprimer mes remerciements les plus chaleureux et ma gratitude à ceux d'entre vous qui m'ont soutenue au cours de ces années difficiles de ma vie.  Je suis particulièrement reconnaissante aux citoyens et journalistes qui m'ont aidée à rapporter mon cas.

Mon combat judiciaire se poursuit, car je dois encore me battre sur de nombreux fronts, y compris pour ma survie financière. Toutefois, j'espère que cette récente avancée marquera un tournant dans ma longue lutte pour un comportement éthique, la justice et le respect des droits humains

À cette occasion, mes pensées vont à ceux d'entre vous qui sont encore dans une bataille juridique pour leurs droits ou les droits humains. A ceux qui ont dû à contrecœur abandonner leur combat pour des raisons familiales ou autres, ou à ceux qui n'ont pas pu obtenir justice en raison des défaillances ou de la corruption du système. 

N'hésitez pas à publier ou à partager mon communiqué de presse ci-joint.

Veuillez me pardonner si je ne suis pas en mesure de répondre aux messages que vous m'envoyez. Je reçois actuellement un grand nombre de courriels et diverses communications alors que mon combat se poursuit et continue de consommer une grande partie de mon temps et de mon énergie.

Avec mes plus sincères salutations,

Yasmine 

Et voilà le communiqué de presse réalisé par son avocat:

Mme Yasmine Motarjemi c. Société des Produits Nestlé SA (anc. Nestec SA)

DECLARATION

Par Arrêt du 7 janvier 2020, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois à Lausanne, Suisse, a condamné le Groupe Nestlé pour la violation de la loi suisse de travail (l'article 328 du Code des obligations suisse (CO)).

De la sentence rendue il ressort que contrairement aux affirmations de la Direction de Nestlé, notamment Monsieur Paul Bulcke (Président du Groupe Nestlé), Mme Yasmine Motarjemi a été harcelée psychologiquement lorsqu'elle travaillait pour le Groupe Nestlé, en sa qualité d' "Assistant Vice President" en charge de la sécurité sanitaire des aliments au niveau mondial 2000-2010 (Directrice de la Sécurité sanitaire des aliments ou en anglais Corporate Food Safety Manager).

L'Arrêt reconnait que la Direction de Nestlé n'a pas pris les mesures adéquates pour protéger Mme Motarjemi ou faire cesser le harcèlement en dépit de la gravité de la situation qui avait cours de 2006 à 2010 et de ses nombreuses plaintes en interne.

La décision judiciaire retient en outre que la Direction de Nestlé n'a rien fait pour clarifier la situation vécue par Mme Motarjemi pas plus qu'elle n'a pris la moindre mesure à l'encontre du processus de harcèlement à l'exception d'une enquête biaisée et tardive (c.a.d. après trois ans et demi de harcèlement) reconnue par la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal comme "un simulacre d'enquête".

L'Arrêt du Tribunal cantonal vaudois précise que les membres de la Direction de Nestlé étaient complices de ce système, sous l'emprise de la hiérarchie. Ils n'ont jamais cherché à mettre au jour cette situation dysfonctionnelle, contribuant ainsi à violer les règlements internes du Groupe Nestlé, au détriment de Mme Motarjemi, mais à l'avantage de la Direction de la société.

L'Arrêt confirme également que la Direction de Nestlé n'a pas pris de mesures adéquates, ni rempli son devoir de sollicitude et son obligation de diligence de manière suffisante à l'égard de Mme Motarjemi au regard des possibilités qui étaient les siennes.

L'Arrêt des Juges cantonaux vaudois conclut qu'il y a eu clairement une violation de la loi par le Groupe Nestlé, pour harcèlement moral et psychologique subi par Mme Motarjemi et pour absence de protection de sa personnalité.

En fin de compte, le Tribunal cantonal vaudois relève le "caractère sournois du harcèlement" dont a été victime Mme Motarjemi de la part de la Direction de Nestlé, ainsi que l'impact considérable que par sa durée et son intensité ce harcèlement a eu sur elle au vu "d'une souffrance morale grave" endurée durant des années. Également du fait qu'elle a été détruite professionnellement et socialement par les agissements de la Direction de Nestlé, "la stoppant dans une brillante carrière".

Il faut noter que ces événements ont eu lieu dans le contexte d'une situation de gestion de la sécurité sanitaire des aliments du Groupe Nestlé que Mme Motarjemi trouvait défaillante. Malgré ses alertes et ses demandes répétées d'un audit de son département, la Direction de Nestlé a refusé d'examiner les mises en garde de Mme Motarjemi et a continué son harcèlement.

Ainsi, la Direction de Nestlé a violé sa politique de système d'alerte interne (anglais: whistleblowing).

Lausanne, le 21 janvier 2020

Au nom de Mme Yasmine Motarjemi :

Bernard Katz ,av.

Mon commentaire: Mme Motarjemi a été extrêmement tenace dans son combat judiciaire commencé en 2011, après 4 années de harcèlement et son licenciement. Et extraordinairement courageuse. Toutes ces dernières années, elle s'est également battue pour qu'une véritable loi de protection des lanceurs d'alerte soit adoptée en Suisse. L'automne dernier, elle a expliqué dans plusieurs articles que la loi qui va être adoptée par les parlementaires à Berne, loi qui est en discussion depuis 2003 ..., sera totalement inutile. A ce propos, voir les articles publiés sur ce blog (recherche google).

Au printemps 2019, suite à son combat de lanceuse d'alerte, Mme Motarjemi a reçu un prix. A cette occasion, elle a fait un discours remarquable au sein du Parlement européen. D'où cet article publié sur mon blog:

http://egalitedescitoyens.blog.tdg.ch/archive/2019/04/18/mme-yasmine-motarjemi-lanceuse-d-alerte-a-recu-un-prix-pour-298387.html

Mille félicitations à Mme Motarjemi pour son combat et le résultat obtenu ! Et mille remerciements pour son soutien aux personnes qui se battent contre les dysfonctionnements du pouvoir judiciaire dans les cantons romands, en Suisse et dans les autres pays.

Merci de diffuser cet article à vos amis. Surtout à ceux qui ont le courage de se battre pour défendre leurs droits, contre les très graves dysfonctionnements et contre les citoyens intouchables placés au-dessus des lois.

Merci d'avance pour vos commentaires. Meilleures salutations.

Mise à jour du 26.1.2020: Il faut bien comprendre que les premiers juges (dont le juge Colelough ...) en ne condamnant pas Nestlé en juin 2018, ont obligé Mme Motarjemi à faire recours au tribunal cantonal pour qu'enfin un jugement plus sérieux ait lieu reconnaissant le harcèlement subi et condamnant Nestlé. Donc, 1 an et demi de travail supplémentaire pour les avocats et pour les magistrats !

De très nombreuses procédures seraient évitées si les juges de première instance travaillaient plus sérieusement et s'ils étaient sanctionnés quand ils ne font pas leur travail sérieusement. D'où cette pétition que je vous remercie de signer et de diffuser: http://chng.it/vY2f7HxY

Mise à jour du 19.2.2020: Sachez que Nestlé a fait recours au Tribunal Fédéral suite à la décision cantonale du 7 janvier 2020 qui a condamné le Groupe Nestlé pour la violation de la loi suisse de travail (l'article 328 du Code des obligations suisse (CO)).
Mon avis: Le harcèlement de Mme Motarjemi continue ...

Commentaires

  • Alors, Mme Herzog, on doit classer cet arrêt dans la catégorie "les juges vaudois n'appliquent pas la loi" ? ou décision "arbitraire et contraire à la Constitution" ??

    C'est marrant quand même. A chaque fois que vous faites référence à un cas concret, les juges motivent leur jugement et appliquent dûment la Constitution, française tandis que vos critiques reposent sur des sentiments, rumeurs et ... une insatisfaction personnelle par rapport à un jugement vous concernant...

    Alors, quelque part, vos certitudes doivent vaciller, non? Les juges vaudois appliqueraient finalement la loi ? et vous seriez dans le déni depuis plus d'une décennie? Que de temps perdu...

  • Enfin une bonne nouvelle !!!!!....Il y a, bien sur, énormément d autres cas,que les institutions de la justice devrait examiner ou réexaminer !!!!!! Toutes mes félicitations a Madame Motarjemi !!!!!! Norbert

  • Magnifique!

    Puisque vous me remerciez par avance de mes commentaires (dernier paragraphe de votre billet) je vous avouerai, Madame Herzog, qu'il y a une chose que je ne comprends pas: pourquoi continuez-vous à parler de “dysfonctionnements du pouvoir judiciaire” (antépénultième paragraphe) et de “graves dysfonctionnements” (pénultième paragraphe) à l'occasion d'un cas où, précisément, la justice vaudoise, qui est souvent la cible de vos billets, donne 100% raison à une lanceuse d'alerte?

    Cela dit, je me joins à vous pour féliciter chaleureusement Mme Motarjemi et son Conseil, Me Bernard Katz, pour le succès qu'ils ont obtenu. Un succès qui me réjouit d'autant plus que j'ai moi-même été, sans m'en douter, un précurseur en matière de lanceur d'alertes (ce qui m'a d'ailleurs coûté cher, mais je ne regrette rien).

    Je m'explique (en quelques mots car c'est une longue histoire, qui s'étend sur à peu près cinq ans).

    Alors que j'occupais depuis une douzaine d'années un poste d'adjoint scientifique au Département fédéral de justice et police (DFJP), j'ai été amené à dénoncer les agissements coupables de
    1) Mme Élisabeth Kopp, alors cheffe du DFJP,
    2) M. Rudolf Gerber, alors Procureur général de la Confédération (excusez du peu), et
    3) M. Peter Huber, alors Chef de la police fédérale.
    Résultat des courses:
    1) suite à mes révélations, la première nommée [la Conseillère fédérale Élisabeth Kopp] a été forcée de démissionner de son poste alors quelle venait tout juste d'être nommée Vice-Présidente de la Confédération par l'Assemblée fédérale (M. Victor Fingal, journaliste au Matin, que j'autorise ici à parler, pourra vous le confirmer);
    2) suite à mon témoignage devant la CEP (= la Commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'affaire Kopp), le second nommé [le Procureur général de la Confédération] a été suspendu de ses fonctions, puis congédié (il est fait succinctement mention de mon rôle aux pages 209 à 215 du livre intitulé «Grosser Bruder Schweiz», de Urs Paul Engeler, publié en 1990 aux Éditions Weltwoche; pour les détails, s'adresser à
    - M. Peter Bodenmann, ancien Conseiller national et ancien Président du parti socialiste suisse, et
    - M. Moritz Leuenberger, ancien conseiller national et Président de la CEP, devenu par la suite Conseiller fédéral,
    que j'autorise ici tous deux à parler);
    3) suite à mes révélations, le troisième nommé [le Chef de la police fédérale] a été rétrogradé et muté dans un autre Office (à ce sujet, lire https://scriptorium.bcu-lausanne.ch/zoom/195371/view?page=18&p=separate&search=Jelmini&hlid=4896723699&tool=search&view=36,1343,1977,1112).

    À la suite de quoi, bien que soutenu par de nombreux parlementaires (en particulier Mme Angeline Fankhauser), le DFJP m'a licencié.
    Licenciement qui a été confirmé par le Tribunal fédéral au motif qu'on ne pouvait pas exiger de mes supérieurs qu'ils continuent à m'employer dès lors qu'ils avaient... perdu confiance en moi!
    Voilà ce qui se passe quand on s'essaye à nettoyer les écuries d'Augias.

    Tout ce qui précède est rigoureusement vrai et je détiens dans un coffre toutes les preuves à l'appui de mes dires (une dizaine de classeurs fédéraux). En principe, je ne devrais pas parler de tout cela car je reste tenu au secret de fonction. Mais, à l'âge de 75 ans, après avoir vécu tant de choses et n'ayant plus à chercher un travail, je me fiche de ce qui peut encore m'arriver. Et puis, les temps ont changé et le droit a évolué. Aujourd'hui, heureusement, il est devenu possible de dénoncer des faits graves commis au sommet d'une hiérarchie ou couverts par une hiérarchie sans nécessairement le payer au prix fort.

    Vous voyez, Mme Herzog, que je me suis moi aussi battu contre les abus de pouvoir, les mensonges et les injustices, que j'en ai moi aussi bavé en subissant les conséquences de mes positions (notamment: période de chômage, finances à zéro, moral dans les chaussettes), ce qui ne m'a pas empêché de retomber à chaque fois sur mes pattes.

    Pour conclure: vive Mme Motarjemi et longue vie au blog pourfendeur de Mme Herzog, qui s'est hissé au deuxième rang dans le classement des blogs les plus commentés de la TdG, un classement qui devrait le voir sous peu occuper la première place.

  • Une incroyable victoire que personne n'osait plus espérer. Yasmine est une combattante malgré le trou dans lequel Nestlé l'a précipitée, mais pour une qui gagne, combien se font laminer par des juges plus que partiaux qui protègent les gens de pouvoir...

  • Ce n’est pas parce qu’après 9 ans de combat acharné et extrêmement coûteux Mme Motarjemi a enfin obtenu justice qu’il faut s’imaginer que le pouvoir judiciaire vaudois fonctionne ! En première instance les juges dont le juge Colelough avaient admis le harcèlement mais n’avaient pas condamné Nestlé ! Pourquoi a-t-il fallu que la procédure dure 9 ans pour arriver à obtenir cette décision des juges cantonaux ? 9 ans de procédure c’est aussi une forme de harcèlement !

  • Pourquoi 9 ans??? Parce que les gugus d'appel au peuple et Cie monopolisent toutes les instances vaudoises par de multiples requêtes abusives, dilatoires, inutiles, choquantes, etc.. depuis des années.

    Vous ne voulez pas voir le mal que vos "amis" font à l'ensemble de leurs concitoyens en paralysant le système judiciaire vaudois ???? Sans l'action de vous et de vos amis, la procédure aurait certainement pris moins de trois ans !

    Et vous n'avez jamais démontré un seul dysfonctionnement du système, sauf à nous parler de votre ressentiment personnel, ou de vagues coupures de presse....

  • A Ernest K: Il faut classer cet arrêt dans la catégorie des exceptions car Mme Motarjemi est une femme exceptionnelle qui avait obtenu le poste, chez Nestlé, de responsable de la sécurité alimentaire au plan mondial ! Nestlé et ses avocats, dont Me Rémy Wyler, ont fait traîner la procédure en longueur en espérant que Mme Motarjemi abandonnerait. J'estime que faire traîner la procédure en espérant que la plaignante ne puisse plus payer les honoraires de son avocat cela correspond aussi à du harcèlement.
    Sachez aussi que le jugement de première instance était vraiment étrange. Le harcèlement était reconnu mais Nestlé n'était pas condamnée ...

  • A M. Jelmini: Merci Monsieur pour votre témoignage que je ne peux pas vérifier. Je vous fais donc confiance et suis contente qu'à 75 ans vous puissiez enfin en parler. Puisque vous estimez que nous vivons dans un Etat de droit, permettant la liberté d'expression, je pense que vous auriez pu en parler plus tôt puisque vous détenez les preuves. Mais mieux vaut tard que jamais ... Meilleures salutations.

  • A Ernest K: Cessez de trouver toutes les exuses au pouvoir judiciaire vaudois ! Il est totalement responsable de ses actes ! Appel au Peuple n'existe plus depuis très longtemps et ce ne sont pas les personnes qui dénoncent les dysfonctionnements qui sont responsables de ces dysfonctionnements ! Vous mélangez tout !

  • Censure de Swisscom ! Hier soir, juste après avoir publié l'article annonçant la victoire de Mme Motarjemi contre Nestlé, j'ai envoyé ensuite le lien de mon article à différentes personnes. Et quelques minutes plus tard, ma messagerie a été entièrement bloquée et l'accès à mon blog aussi. Apparaissait alors un message de Swisscom.
    Je n'ai rien entrepris car je n'en avais ni le temps ni l'envie et ce soir l'accès à mon blog est rétabli. Je peux recevoir des messages emails mais ne peux pas en envoyer !
    La censure en Suisse n'existe pas, mais elle fonctionne très bien (ce n'est pas de moi).

  • Voilà un article très intéressant et un hommage à deux lanceurs d'alerte. L'article est écrit par le journaliste Christian Campiche et publié sur le site de la Méduse.

    https://www.infomeduse.ch/2020/01/22/heros-des-temps-modernes/

  • Ce soir, au TJ de 19h30 pas un mot sur la victoire de Mme Motarjemi. Par contre le journal Le Temps a publié ce 22 janvier un article intéressant:
    https://www.letemps.ch/economie/nestle-fautif-un-cas-harcelement-sournois

  • Yasmine,

    Chapeau bas...félicitations...quelle détermination...quel force !
    Je ne sais pas ce qu'ont été les heures suivant la lecture de ce verdict, mais je pense qu'il va vous falloir du temps, encore, pour digérer cette semi-victoire. Vous êtes, à mes yeux, devenu un de ces "corps de douleurs" qui déambule dans la vie, forcée à se battre, pour une cause que tout un chacun jugerait rapidement comme vaine.
    Je suis certaine que vous avez vécu et vivez peut-être encore cet éternel "jugement systématique" de ceux qui ne connaissent pas vos valeurs, ni votre personnalité, d'une force de conviction et de détermination qui nous dépasse tous.
    Il est inouï pour beaucoup de savoir que vous "gagnez" tout en étant à bout, à bout de forces, de finances, de vos capacités physiques et émotionnelles...neuf ans de procédure, ici, en Suisse, pour tenter de vous réduire au silence, de vous anéantir afin de conserver une image de marque en jouant la carte de l'usure, du cynisme, de la mauvaise foi, simplement parce qu'on a la force d'une entreprise !
    Quoiqu'on en dise, jamais cela ne devrait se passer ainsi. Et comme l'écrit Mme Herzog, un Tribunal qui juge devrait également condamner/punir/sanctionner...
    Signe que le harcèlement est encore une notion trop personnelle, trop vague et a encore de beaux jours devant lui.
    La Constitution mentionne que le justiciable a droit à un procès dans un délai "raisonnable". Est-ce que ces 9 ans peuvent être considérés comme tels ?!
    Alors, à ceux qui accusent rapidement Mme Herzog de dénoncer les lenteurs administratives, les juges de ne pas être impartiaux, de donner facilement raison au plus fort, sachez que des personnes qui ont des dossiers qui ressemblent à s'y méprendre à celui de Mme Motarjemi sont nombreux, trop nombreux.
    Combien de ces nombreux laissent finalement tomber, détruits par la lenteur des Tribunaux, assommés par les montants de procédure et d'avocats, effrayés par les dégâts personnels (trouver un emploi, un logement, faire face à un divorce, s'enfoncer dans une dépression) ?!
    Au final, qu'avons-nous à apprendre de cette situation/de ce système ? Qu'il est totalement normal de ficher en l'air une dizaine d'années de sa vie en cas de procès ? Que le système est fait ainsi pour dépiter le citoyen/justiciable avant de débuter quoi que ce soit ? Que le coût total "à prévoir" à tous les niveaux (finances, santé, emploi) est si énorme que les professionnels de tous horizons vont vous dégoûter avant d'avoir commencé ?
    Finalement, c'est grâce à ces méthodes que ceux qui s'imaginent plus fort gagnent d'avance : lancer un procès contre les hôpitaux, les médecins, les forces de l'ordre, l'armée, les institutions diverses et variées, c'est perdu d'avance.
    Mais c'est bien qu'enfin cette pseudo-force là s'effondre..
    Il faut toutefois des courageux pour ça, regardez Yasmine, regardez le procès Weinstein, regardez tous les autres....

    Bien à vous
    Mireille

  • Super heureux pour Yasmine Motarjemi, j'ai pu la rencontré, c'est une femme courageuse et extra-ordinaire! Nestlé continue son mobbing malheureusement envers race, religion et sexe en Suisse.

    Merci Yasmine!

  • Merci Mireille pour votre message de soutien à Mme Motarjemi. Et merci de me donner des nouvelles du combat que vous menez vous aussi, contre les CFF. Je vous propose d'envoyer un commentaire sur mon blog à ce sujet, si vous avez le droit d'en parler. Meilleures salutations.

  • A M. Jelmini: Vous m'avez indiqué que les commentaires que vous avez voulu envoyer sur mon blog ce matin ont fait l'objet d'un message d'erreur. Pourtant j'ai testé et mes commentaires sont acceptés. Merci de vous adresser à M. Mabut. Ma messagerie est bloquée pour le emails sortants.

    Réponse à votre commentaire. Oui, Nestlé peut faire recours au Tribunal fédéral contre la décision cantonale. Si elle le fait elle décidera alors de poursuivre son harcèlement vis-à-vis de Mme Motarjemi ...

  • Prenez un abonnement ici Madame Herzog. Fini les soucis :-)

    https://www.infomaniak.com/fr/hebergement/web-et-mail/hebergement-mail

  • A Infomaniak: Merci pour votre proposition. Mais ce n'est pas l'hébergeur de ma messagerie qui me crée des problèmes, donc en changer ne servirait à rien, mais l'opérateur Swisscom qui gère la connexion de mon PC à Internet ... Swisscom se transforme en gendarme de la communication !!! Très étrange.

  • Swisscom a toujours agi ainsi, ils ont régulièrement remporté les Big Brother Awards et se sont toujours érigés en censeurs / délateurs. Pour les contourner, lorsque j’étais encore en Suisse, j’utilisais des VPNs soigneusement sectionnés parmi les milliers de disponibles, et éventuellement, TOR sur un VPN. Impossible dès lors pour mon fournisseur d’accès internet de savoir ce que je fais sur le web, sauf évidemment, en cas de délation.

    Mes félicitations à Mme Motarjemi pour son combat et sa persévérance. Lorsque j’ai subi du mobbing chez Merrill Lynch, il y a de ceci très longtemps, je suis allé voir le syndicat UNIA. J’ai vite compris à quelle genre de procédure j’allais devoir faire face, lorsque ceux-ci m’ont énoncé comment procéder. J’ai choisi de régler ceci moi-même avec des méthodes certes peu orthodoxes, mais qui ont été efficaces puisque Merrill Lynch a vite reculé et cédé à mes exigences et conditions.

  • Excusez-moi Madame, par distraction je n'ai pas vu que aviez un domaine...

    Alors si vous êtes persuadée de chicanes Swisscom, songer éventuellement à une roue de secours. D'autres FAI proposent des abonnements pour mobiles à petit prix, incluant 1,5 giga...dès frs 15.--le mois, amplement suffisant pour l'envoi de mails par exemple...

    "Ils" ne sont quand même pas tous ligués contre vous j'imagine...?

  • Merci pour votre message. Non, ils ne sont pas tous ligués contre moi ! C'est toujours Swisscom qui me censure et qui me bloque. Cela s'est déjà produit plusieurs fois. Et arrive aussi à d'autres personnes. Cela concerne uniquement mon PC connecté à Internet et non mon téléphone portable.
    Certains sites Internet, tels que www.worldcorruption.info qui dénoncent des faits très graves sont bloqués depuis longtemps par Swisscom. Mais on peut y accéder par d'autres opérateurs ou depuis l'étranger.

  • Madame Herzog,

    Je ne suis pas sûr que vous m'ayez bien compris.

    Je ne pouvais pas parler et suis toujours censé ne pas parler de ces affaires, qui ont fait la une de l'actualité en Suisse à l'époque, car je reste tenu par le secret de fonction.

    En effet: la liberté d'expression n'est pas absolue, elle connaît des limites. Lire à ce sujet l'excellent guide juridique publié en septembre dernier aux Éditions Favre SA par l'avocat lausannois Alexandre Curchod sous le titre «Liberté d'expression» (le livre est préfacé par M. Dick Marty, ce qui n'est pas une mince référence).


    En indiquant, dans mon commentaire du 22 janvier à 11h00 (auquel vous avez réagi à 21h10), que je détenais toutes les preuves, je voulais dire par là que je pouvais prouver que tout ce que je venais d'écrire dans mon commentaire était vrai, autrement dit que je ne vous racontais pas des bobards.


    Car les preuves d'abus et d'irrégularités assortis de mensonges que je détenais, commis dans les plus hautes sphères du pouvoir, je les ai utilisées. Et l'action que j'ai menée a été couronnée de succès puisque l'usage que j'ai fait de ces preuves a abouti, en trois étapes, à la mise à pied d'une Conseillère fédérale (Mme Élisabeth Kopp), du Procureur général de la Confédération et du Chef de la police fédérale.

    Vous écrivez que vous ne pouvez pas vérifier mon témoignage. Avez-vous au moins lu l'article de l'Hebdo (2 pages) que j'ai indiqué en référence?


    Si j'ai décidé d'apporter mon témoignage sur votre blog, c'est que j'ai dû payer au prix fort l'action couronnée de succès que j'ai menée: licenciement injuste, avalisé par le Tribunal fédéral au seul motif que mes supérieurs hiérarchiques avaient perdu confiance en moi (aucun reproche sur la qualité de mon travail, qui est reconnue dans le certificat de travail qui m'a été délivré par le DFJP).


    Pas facile d'être un lanceur d'alerte. Le besoin d'une loi pour les protéger se fait sentir.


    À part ça, je viens de lire vos derniers commentaires et les liens que vous donnez. Je pense que Nestlé va recourir au Tribunal fédéral et que Mme Motarjemi n'est pas au bout de ses peines.

  • A M. Jelmini: Les autorités sont très contentes de pouvoir censurer la parole des citoyens grâce au secret de fonction. Les magistrats et les avocats utilisent un autre moyen: essayer de faire signer une transaction judiciaire confidentielle dans un tribunal qui empêchera ensuite la victime de pouvoir s'exprimer.
    Vous avez lancé l'alerte et je vous en félicite. Ensuite vous avez subi des faits totalement anormaux (aucune protection). Et j'espère que maintenant vous allez pouvoir en parler. Vous devriez écrire un livre et le publier aux Editions Favre. Il faut que les citoyens sachent ce qu'il se passe quand une personne a le courage de dénoncer des faits très graves.

  • À propos des 3 dernières lignes de votre commentaire du 22 janvier à 21h00, ainsi libellées:
    “Sachez aussi que le jugement de première instance était vraiment étrange. Le harcèlement était reconnu mais Nestlé n'était pas condamnée ...”

    Cela n'a rien d'étrange en soi. C'est ainsi que dans l'affaire des activistes qui se sont livrés à un simulacre de partie de tennis dans une agence du CS, le juge de première instance n'aurait pas dû les acquitter en retenant qu'ils se trouvaient dans un état de nécessité face à un danger imminent impossible à détourner autrement (art. 17 du Code pénal) mais il aurait dû constater l'illicéité de leur comportement et les reconnaître coupables, après quoi il aurait pu renoncer à les condamner à une quelconque peine en les mettant au bénéfice du mobile honorable.

  • A M. Jelmini: Vous comparez deux affaires totalement différentes et incomparables ! Mme Motarjemi a subi 4 années de harcèlement quand elle travaillait chez Nestlé et ensuite a été licenciée ... sans aucune raison valable. Cela n'a rien à voir avec une petite partie de tennis dans les locaux de CS !

  • Je n'ai pas “comparé” les deux affaires, j'ai simplement pris un exemple que vous connaissiez (celui de la partie de tennis dans une succursale du CS à Lausanne) pour illustrer le fait que, contrairement à ce que vous avez écrit, il n'y a rien d' “étrange” ou de rare à ce qu'un tribunal décide de ne pas prononcer de sanction quand bien même le comportement de l'auteur ou des auteurs (qu'il s'agisse de Nestlé ou des activistes ayant occupé les locaux du CS) était contraire à la loi.
    C'est uniquement sur ce point précis que j'ai effectué un rapprochement entre les deux jugements de première instance. Rien d'autre et rien de plus.

  • A M. Jelmini: Il faut bien comprendre qu'en ne condamnant pas Nestlé en juin 2018, Mme Motarjemi a été obligée ensuite de faire recours au tribunal cantonal pour qu'enfin un jugement plus sérieux ait lieu reconnaissant le harcèlement subi et condamnant Nestlé. Donc, 1 an et demi de travail supplémentaire pour les avocats et pour les magistrats !
    De très nombreuses procédures seraient évitées si les juges travaillaient plus sérieusement et s'ils étaient sanctionnés quand ils ne font pas leur travail sérieusement. D'où cette pétition: http://chng.it/vY2f7HxY
    (reprendre ce lien par copier-coller. Merci).

  • Par "sérieusement", vous voulez dire conformément à votre opinion?
    Je propose donc l'abolition des tribunaux et de confier à Mme Herzog le sort de toutes les affaires judiciaires. Elle est en effet omnisciente et ses verdicts justes et mesurés. Quelle chance d'avoir pu échanger avec elle ses quelques commentaires. J'ai tant appris.

  • Un immense bravo à Mme Motarjemi et à son avocat pour la ténacité et le courage de continuer le combat et de le gagner !
    Que ce genre de situations puisse non seulement donner à réfléchir sur la façon dont sont traités les lanceurs d'alerte mais bien aussi les victimes de harcèlement moral tellement celui-ci est tout simplement inacceptable, que cela ait lieu dans le domaine professionnel ou privé ou scolaire ou tout autre domaine.

  • Merci Chantal pour votre commentaire. Le harcèlement moral ou psychologique et ses conséquences sont encore largement sous-estimés. J'espère que cela va changer.

  • A Gab B : Merci beaucoup pour votre commentaire et pour votre témoignage.

  • Voilà un reportage très intéressant d'environ 15 minutes réalisé par ARTE concernant le rôle des lanceurs d'alerte. Il s'agit aussi d'une interview de Mme Yasmine Motarjemi.
    https://www.arte.tv/fr/videos/094998-000-A/lanceurs-d-alerte-sont-ils-assez-proteges-vox-pop/

  • Bonsoir, Sachez que Nestlé a fait recours au Tribunal Fédéral suite à la décision cantonale du 7 janvier 2020 qui a condamné le Groupe Nestlé pour la violation de la loi suisse de travail (l'article 328 du Code des obligations suisse (CO)).
    Mon avis: Le harcèlement de Mme Motarjemi continue ...

  • Je ne comprends pas votre remarque finale.
    Vous pouvez les traiter de mauvais perdants, mais en quoi saisir le tf serait du harcèlement ? C'est inévitable de demander l'avis de la plus haute cour dans une affaire aussi peu claire juridiquement.

    Et si votre amie gagne au tf, quelle reconnaissance et quelle victoire! Elle aura même une jurisprudence à son nom. Si Nestlè n'était pas allé au tf, on aurait dit... ben, c'est qu'un jugement cantonal... et le doute serait resté.

    Et si saisir le tf = harcèlement? C'est un aveu que toutes vos procédures et celles de vos amis n'avaient pour seul objectif d'harceler vos opposants ??

  • A Ruduolph: Merci pour votre commentaire concernant le harcèlement de Mme Motarjemi par Nestlé.
    Attention: Concernant les autres victimes, leurs démarches ne peuvent en aucun cas être considérées comme du harcèlement car le harcèlement est provoqué pendant des années par les citoyens dominants intouchables !!! Et en plus les victimes qui se plaignent savent d'avance que leurs recours seront rejetés. Il faut bien protéger les magistrats de 1ère et 2e instances !
    Il est tout-de-même très important de réaliser ces recours pour détenir la preuve que les démarches ont été faites afin d'obtenir la vérité par exemple ou la correction des erreurs intentionnelles faites par les magistrats, ou dénoncer les infractions pénales poursuivies d'office mais jamais poursuivies, etc.

  • A Ruduolph: Si on poursuit votre raisonnement, vous allez bientôt dire que Mme Motarjemi harcèle Nestlé car elle leur a intenté un procès !!!

  • Bonjour Ruduolph,

    Je pense que cette difference d'opinion entre Michèle Herzog et vous vient du fait que Michèle connais les détails du dossier et a suivi mon affaire depuis des années.

    Que, dans les faits, ce soit du harcèlement judiciaire ou non, je le ressens ainsi et je suis heureuse de savoir que Michèle le voit ainsi également; ceci déjà par les actes qui précédent ce recours.

    Savez-vous que Nestlé a fait de nombreuses demandes pour arrêter ou retarder le procès ? Savez-vous que même avant que les audiences au tribunal commencent, Nestlé a porté plainte contre la décision de la juge ? Savez-vous que toutes leurs demandes et plaintes diverses étaient tellement illogiques qu'elles ont été rejetées et le seul bénéfice était de retarder le procès, me fatiguer et surtout me faire perdre mon argent ? Savez-vous qu'on a porté plainte contre moi pour la violation du secret professionnel alors que les audiences au tribunal étaient ouverts aux journalistes et que je n'ai rien dévoilé sauf ce qui était rapporté au tribunal ?

    Il faut savoir que l'avocat de Nestlé, Me Rémy Wyler, est professeur de droit de travail à l'Université de Lausanne, donc un grand expert du sujet. Son manuel est la référence dans tous les bureaux d'avocats. Les juges se réfèrent régulièrement à l'opinion de Me Wyler. Pensez-vous que Me Wyler qui représente et défend Nestlé dans mon cas ne savait pas que les demandes qu'il faisait étaient irrecevables ou seraient rejetés ?

    Le plus important est qu'à la base de ce procès, c'est le fait que Nestlé niait le harcèlement. Dès le début j'avais dit que si on reconnait le tort moral pour que je retrouve ma crédibilité je renonce à tout procès. A l'époque, je ne demandais pas plus que ce que Nestlé avait lui même proposé de me payer c.a.d les CHF 300 000 qu'on m'avait proposé. J'avais dit que j'accepte l'argent seulement comme compensation pour le tort moral.

    Pendant 13-14 ans Nestlé a nié le seul fait qui était à la base de notre dispute. Pourtant, maintenant que les deux tribunaux de première et deuxième instances ont reconnu le harcèlement, Nestlé admet qu'il y a eu harcèlement ! Dans leur recours Nestlé ne conteste pas le harcèlement. Alors que c'est ce déni de harcèlement qui m'a emmené dans un procès long et coûteux qui a duré 10 ans. Dix ans contre ce multinational qui, en plus, m'a humiliée en public. (Il faudrait voir ma lettre à M. Ulf-Mark Schneider, le PDG de Nestlé https://www.lelanceur.fr/yasmine-motarjemi-interpelle-le-nouveau-dirigeant-de-nestle/ ou voir l'article de Tages Anzeiger https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/wie-yasmine-den-riesen-bezwang/story/12989493 ) pour comprendre la souffrance qu'on m'a fait subir d'abord en interne pendant 4 ans puis en public pendant 10 ans de façon que j 'ai même perdu mes amis.

    Le recours porte sur la prétention que les dirigeants de Nestlé ont essayé de me protéger contre le harcèlement. Alors que leur protection était de me forcer dans un poste que le Directeur des Opérations de Nestlé a lui même qualifié d'un poste "ingrat" au tribunal. Pensez-vous que c'est une protection de laisser en place le harceleur, le mobbeur, sans blâme, sans aucune sanction, puis forcer la victime dans un poste ingrat alors que ses performances étaient sans exception, année après année, "au-delà des attentes"? Ou enlevez son nom de l'organigramme? Avez-vous pensé ce qui arrive dans une entreprise où les harceleurs ne sont pas sanctionnés et ce sont les victimes qui perdent leur emploi? En fait, en forçant la victime dans un poste ingrat on soutient le harceleur car c'est exactement ce que le harceleur cherche!

    Pensez-vous qu'un directeur peut harceler son employé pendant 4 années sans que la direction ne soit capable de résoudre la situation et que cela dure 4 ans? Est-ce l'incompétence de la Direction ou la participation dans un harcèlement? Pensez-vous que j'aurai dû être licenciée si j'avais bien raison que mon chef me harcelait? Pensez-vous que Me Wyler, professeur de droit de travail et expert, n'était pas compétent de voir le harcèlement que j'avais subi ou est -ce qu'il a bien vu et qu'il a quand défendu la position injuste. Dans ce cas que devient de notre justice si nos professeurs de droit défendent l'injustice.

    Ne voyez-vous pas que toute cette mascarade n'est que pour me détruire et en même temps faire taire les autres? Ne pensez-vous pas que j'ai déjà assez souffert que maintenant que Nestlé a compris avoir tort c'est le moment d'arrêter le mal? Qui a menti jusqu'aujourd hui? Moi ou Nestlé qui a nié le harcèlement pendant des années! D'ailleurs, comment peut-on prendre des mesures correctives contre le harcèlement si on ne reconnait même pas qu'il y a harcèlement?

    A votre place, je me soucierais pour la société dans laquelle nous vivons où la mauvaise conduite est récompensée et les vérités dérangeantes sont cachées. Le 16 dec. 2015, au journal du soir, la RTS rapportait que mon procès était hors-norme. Demandez-vous pourquoi la télévision ne rapporte pas le verdict et ne vous donne pas l'opportunité d'un débat sur cette affaire?

  • Je comprends votre situation; les moyens dilatoires utilisés par l'avocat de la multinationale sont pénibles. Et c'est aux tribunaux de s'organiser pour que les procédures ne prennent pas autant de temps!

    Mais comprenez-moi: dans l'intérêt de la justice, c'est important que le tf se prononce et fasse jurisprudence. A partir de là, la jurisprudence est opposable à tous et protège. Je comprends votre situation mais quelle victoire si le tf vous donne raison. Ce ne sera pas un jugement d'un tribunal vaudois, mais de la plus haute cour!

    Cet arrêt sera alors protecteur pour toutes les personnes dans votre situation. Et vous aurez fait jurisprudence. L'avocat devra même introduire votre jurisprudence dans son ouvrage :) et l'enseigner en cours. Quelle revanche pour vous.

  • Re-bonjour Ruduolph,

    Oui, tout ce que vous écrivez est juste.

    Si je gagne, et "si" ce serait une plus grande victoire et cette jurisprudence clarifiera la situation.

    Une situation qui est à présent injuste et ambiguë car elle est, entre autres, la conséquence de l'interprétation et la vision d'un professeur de droit de travail, Me Rémy Wyler, qui est payé par les multinationales. Selon les opinions exprimées dans le cadre de mon procès, sa vision est que c'est acceptable de harceler une personne tant que par la suite on prend des mesures correctives. Dans ce cas la loi n'est pas violée et que les employés n'ont pas droit à protester pour leur harcèlement et demander réparations. Mais aucune mesure corrective ne répare la personne brisée et discréditée, surtout quand elle arrive tardivement et qu'entre temps les dégâts sont irréparables. Certaines personnes se suicident entre temps.

    Puis, Me Wyler considère que comme mesure corrective on doit déplacer la victime. C'est la victime qui doit perdre sa position et que le harceleur peut rester dans sa position et ne sera jamais inquiété. La victime perçoit une telle situation comme une autre sanction.

    De plus, Me Wyler défend la position que peut importe la poste qu'on a proposé, s' il a du sens ou pas, si les tâches sont possibles ou pas, si le poste est au niveau de la compétence de la victime ou pas, le simple fait qu'il est bien payé cela suffit et que la victime doit accepter car l'employeur a décidé ainsi.

    Encore, on oublie que dans le cadre d'une alerte sanitaire ne pas examiner l'alerte sanitaire est inacceptable.

    Si un jugement au TF va éclaircir la situation, cela n'empêche pas que moi je vais considerer cette situation encore comme du harcèlement car je dois encore me battre pendant au moins une année pour avoir le verdict alors que je suis épuisée, je dois payer les frais de justice, vivre dans l'incertitude de la peur et tourner cette histoire dans ma tête dans l'indifference des gens sauf quelques exceptions dont Michèle. Nestlé ne fait pas ce recours pour voir claire mais pour faire de ma vie un enfer afin que personnes d'autres protestent. Sinon, payer les dommages et finir avec cette histoire aurait été dans leur avantage. Mais leur crainte n'est pas de payer les dédommageants. Le fait qu'il a beaucoup de victimes ou de personnes qui peuvent faire pareille.

    Si un tel jurisprudence est si important pour la société, pourquoi les gens sont si silencieux. Pourquoi pas de discussions en publique sur le sujet ?

    J'offre la possibilité de réfléchir comment nos lois sont faites et comment la justice fonctionne. Les journaux rapportent les faits, certes, mais aucune analyse, aucun questionnement. Cette discussion se passe entre nous alors qu'elle devrait avoir lieu au niveau national.

  • Toutes ces situations sont nouvelles...
    Et il est vrai qu'en Suisse, on comprend culturellement difficilement votre affaire. En Suisse, majoritairement, on vit pour travailler... Donc si on a un chef incompétent, harceleur, méchant, etc... l'idée est que notre plus grande victoire sur lui est notre démission/transfert. Car nous faisons perdre à la société notre force de travail. Donc un chef qui ne garde pas ses meilleurs collaborateurs = un mauvais chef.

    Et avec notre taux de chômage, c'est relativement facile de se recaser dans la concurrence. Contrairement à d'autres états européens, la France p. ex., notre plus grande protection n'est pas les prud'hommes mais un marché du travail libéral. C'est pour cela que votre affaire ne prend à mon avis pas médiatiquement; on ne la comprend culturellement tout simplement pas... Le droit est visiblement de votre côté mais on ne comprend pas ce recours au droit dans une situation où l'on aurait claqué la porte très rapidement.

    Mais je ne connais pas votre situation et je ne vous juge pas; j'essaie humblement de vous donner ma vision des choses à la lecture de quelques coupures de presse. Il faut bien me comprendre: j'ai été élevé dans une culture où on vit pour travailler; donc si on est empêché de bien travailler par les actes d'un supérieur, on part immédiatement ailleurs. Je pense qu'il y a vraiment un changement culturel en raison d'une plus grande dureté du marché du travail et que vous ouvrez de nouvelles portes. Je suis désolé que vous souffriez tant de votre situation!

  • A Ruduolph et à Yasmine Motarjemi: Voilà un article datant de 2011 qui indique qu'en Suisse 60% des employés ont subi du mobbing, ce que l'on nomme harcèlement psychologique en français. Voilà l'article:
    https://blog.travailler-en-suisse.ch/04/2011/salaries-suisses-harcelement-moral-au-travail.html
    Je m'étonne que l'avocat Rémy Wyler, de surcroit professeur à l'Université de Lausanne en Droit du travail, n'ait pas été capable d'expliquer à son client, Nestlé, dès 2011 que Mme Motarjemi avait subi du harcèlement de 2006 à 2010 quand elle était responsable de la sécurité alimentaire chez Nestlé.
    Me Rémy Wyler avait probablement d'autres priorités ...

  • J'ai lu tous les commentaires avec intérêt et je souhaite remercier les personnes qui m'ont félicitée. J'espère que vous aurez le temps et les moyens d'écrire aux journaux, à la télévision, aux politiciens, aux ONG, sur les réseaux sociaux, ... et de demander un débat public concernant la violence au travail, nos lois et le fonctionnement de notre justice.
    C'est seulement quand nous arriverons à tirer des leçons de mon combat pour mieux protéger la population que je me sentirai victorieuse, que le TF me donne raison ou non. Car c'est dans cet esprit que j'ai porté plainte et médiatisé mon affaire.
    Le harcèlement au travail affecte un grand nombre de personnes et leur famille. Quand c'est un moyen de faire taire les employés, les effets négatifs sur la société sont sans limites.
    Cordialement, Yasmine

  • Bonjour Ruduolph,

    Je suis choquée de vous lire. Voulez-vous dire que la culture en Suisse est de laisser la corruption et l'empoisonnement des enfants perdurer? Vous n'avez rien compris: le problème était que cette entreprise violait les principes de la gestion de la sécurité des aliments. Vouliez-vous que je parte et je laisse les enfants et la population à travers le monde en danger? Est-ce ceci vos principes d'éthique? Pourquoi alors donner des commentaires et votre vision si vous ne connaissez par l'affaire. Notre planète va vers la ruine avec une telle attitude. Au lieu de dire stop à la corruption et l'incompétence.

  • Je ne comprends pas votre réaction...
    Je fais référence à l'arrêt qui reconnaît que vous avez été "harcelée psychologiquement lorsqu'elle travaillait pour le Groupe Nestlé"

    Et vous me répondez sur... la corruption et l'empoisonnement des enfants ?????? Visiblement, nous ne parlons pas de la même chose. Je faisais référence à la conséquence (harcèlement) et pas à la cause (dont j'ignore tout, je ne sais rien de votre affaire, sauf quelques coupures de presse suite à l'arrêt du tribunal).

    Et pour la différence culturelle, je fais référence à l'alternative: démissionner (conception libérale du droit du travail) ou saisir la justice (conception conservatrice du droit du travail). Moi, je vis pour travailler et je ne peux pas m'imaginer rester une seconde dans une entreprise qui violerait mes principes éthiques. Je démissionnerais à la première hésitation sur le cadre éthique. Je ne voulais pas vous blesser, mais présenter humblement mon incompréhension... désolé si je vous ai blessée. Encore une fois: j'ignore tout de votre calvaire et je commente sur ce que j'ai compris sur la base des comptes rendus de la presse sur cet arrêt... Au début, je rappelle que je réagissais uniquement sur: saisir le tf = harcèlement... ce que je conteste.

  • Je pense qu'il a raison.
    Si je vois une magouille, je démissionne le jour même.
    Et je laisse les autorités agir.

  • Suite au commentaire de Ruduolph insinuant que j'ai une difference culturelle, je souhaite demander à tous les lecteurs: Est-ce la culture Suisse de laisser les gens en danger, la corruption et le harcèlement des employés perdurer ? Sommes nous en Suisse si égoïste?

  • Merci de formuler plutôt: si une entreprise bafoue vos principes éthiques, continueriez-vous à y travailler ? (= ce que je formulais)

    Je le répète ma différence culturelle fait référence à un monde (libéral) du travail en Suisse vs un monde (conservateur) du travail dans les pays européens comme en France. Mon sentiment est que la dureté du marché du travail en France p. ex. fait que les gens ne démissionnent pas (et s'usent psychiquement à cause de cadres qui les poussent à la démission) tandis qu'en Suisse (avec un taux de chômage très bas pour les cadres), on démissionne.

    Et en Suisse, pour vous répondre, nous sommes le pays des dénonciations. Si je suis témoin d'un crime ou d'un délit dans mon entreprise, je fonce immédiatement à la police et auprès des autorités administratives compétentes de mon canton, puis je démissionne.

  • A Martine Favre: Je comprends votre raisonnement mais je pense que cela dépend tout-de-même du domaine concerné. Quand on est responsable de la sécurité alimentaire de Nestlé au plan mondial on ne peut pas quitter son poste quand on constate de graves dysfonctionnements touchant à la santé des consommateurs. On dénonce les dysfonctionnements à sa hiérarchie et on se bat pour les faire corriger, ce que Mme Motarjemi a voulu faire.

  • @Martine Favre. Madame, il est clair que nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Je me suis battue pour ma justice mais à la base pour la protection des consommateurs, ce qui était mon devoir . Je n'ai fait que mon devoir professionnel et humain. https://www.journal-lessor.ch/article.php?a=2015&n=1&art=51 Comme c'est triste de voir que des consommateurs, comme vous, ont de telles réactions. C'est justement grâce à des réactions comme la votre que des psychopathes sévissent dans notre société. Au lieu de soutenir des personnes qui se battent pour une société plus juste, vous leur faites des reproches!!!

  • Courage à vous.
    Mes commentaires n'étaient pas contre vous, mais exposaient humblement ma compréhension de la manière dont j'aurais agi. Je me réjouis de lire l'arrêt du tf. Je n'ai rien à ajouter.

  • A l'attention de Mme Martine Favre et Ruduolph: http://www.totemconseil.com/qui-etes-vous-une-carpe-un-requin-ou-un-dauphin%E2%80%89/

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