Démocratie - Page 6

  • M. Michael Lauber est-il intouchable ?

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    Bonjour,

    Tous les six mois la presse nous apprend que M. Michael Lauber, procureur général de la Confédération suisse, pourrait avoir des ennuis ! Ensuite, il ne se passe strictement rien. Voilà le dernier article publié à ce sujet:

    https://www.letemps.ch/suisse/latmosphere-devient-lourde-michael-lauber

    Les deux premiers entretiens ayant eu lieu avec M. Infantino, Président de la FIFA, sont déjà graves car aucun procès-verbal n'a été réalisé lors de ces entretiens, mais cela est déjà minimisé. Ensuite il semblerait que M. Lauber ne se souvienne pas d'un 3e rendez-vous. Il paraît que la réponse de M. Lauber au sujet de ce 3e rendez-vous sera connue vers le 15 mai ... Mais pourquoi ne peut-il pas répondre plus rapidement ? Mystère.

    Ce que je trouve le plus étonnant concernant le travail de M. Michael Lauber et de son équipe, c'est le temps que prennent les procédures FIFA sans arriver à condamner une seule personne. Cela n'intrigue aucun politicien, ce qui est également très surprenant. A ce sujet, merci de lire cet article qui nous apprend que 25 enquêtes pénales seraient en cours.

    https://www.20min.ch/ro/sports/football/story/Affaire-FIFA--le-procureur-general-sur-la-sellette-18947896

    Je ne serai pas surprise d'apprendre qu'au moment des jugements de ces affaires, dans X années, les faits soient simplement prescrits ... Technique souvent utilisée pour ne pas condamner certains citoyens dominants.

    J'espère que les journalistes internationaux se rendent compte de cette lenteur. Et comprendront que la Suisse n'est pas un Etat de droit.

    Quant à M. Michael Lauber il n'a aucuns soucis à se faire. Et il sera réélu sans difficultés en juin 2019. Pourquoi ? Parce que les politiciens et même Mme Karin Keller-Sutter, conseillère fédérale responsable du Département fédéral de Justice et Police, prétendent que le principe de la séparation des pouvoirs les empêche d'agir. C'est bien pratique ! De plus, en Suisse, il ne faut surtout pas faire de vagues ...

    Ce principe de la séparation des pouvoirs permet à tous les magistrats du pays de réaliser d'énormes erreurs, souvent intentionnelles, et de ne pas appliquer les lois sans ne jamais être sanctionnés. En Suisse, l'Etat de droit n'existe pas.

    Merci d'avance pour vos commentaires.

    Merci de diffuser cet article à vos amis.

    Meilleures salutations.

    PS: Voilà un article publié sur ce blog en 2016 concernant Michael Lauber qui était, soi-disant, déjà inquiété ! Et qui montre aussi comment les faits sont prescrits au moment du jugement. Il suffit de faire traîner la procédure ...

    http://egalitedescitoyens.blog.tdg.ch/archive/2016/07/08/proces-de-dieter-behring-michael-lauber-soupconne-de-faux-te-277529.html

  • Suisse: Mais où est la liberté de la presse ?

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    Bonjour,

    Le journaliste Denis Masmejan, également secrétaire général de Reporters sans Frontières depuis début 2019, publie un article dans le journal Le Temps des 18-19.4.2019 concernant la liberté de la presse. Il indique que Reporters sans Frontières place la Suisse au 6e rang sur 180 pays ... Voilà l'article:

    https://www.letemps.ch/opinions/liberte-presse-danger-suisse-ne-rester-indifferente

    Je suis extrêmement choquée par ce classement, dont j'ai pris connaissance ce matin, car j'estime qu'il ne correspond pas à la réalité. Et car cela montre à nouveau que la Suisse serait un pays formidable ...

    Coïncidence magnifique: Hier soir Mme Motarjemi m'a fait parvenir son texte en français expliquant son combat contre Nestlé. Voir l'article précédent de ce blog.

    Mme Motarjemi était responsable de la sécurité alimentaire chez Nestlé, au plan mondial. Elle travaillait à Vevey (canton de Vaud). Quand elle a alerté sa hiérarchie au sujet des dysfonctionnements découverts au niveau de la sécurité alimentaire, les choses se sont dégradées, puis elle a été licenciée.

    Son procès contre Nestlé, véritable épopée de David contre Goliath, a commencé en 2011 à Lausanne et le jugement a été rendu en juin 2018. De très nombreuses audiences publiques ont eu lieu au Tribunal à Lausanne. De nombreux témoins ont été entendus. Mais comment les journalistes en Suisse ont-ils informé la population concernant ce procès touchant Nestlé et en particlier la sécurité des aliments ? 

    En Suisse romande, dans les journaux, il y a eu extrêmement peu d'articles !

    Mais je préfère demander son avis à la principale intéressée, Mme Motarjemi. Et je publierai sa réponse.

    Il faut savoir qu'un très grand nombre de personnes ont alerté les journalistes après avoir découvert de très graves dysfonctionnements ayant lieu en Suisse et que les journalistes n'ont pas voulu ou pas pu publier d'articles.

    Après les nombreux licenciements intervenus en Suisse romande ces dernières années et la disparition de certains journaux, les journalistes sont obligés d'obéir s'ils veulent conserver leur travail. Et à qui doivent-ils obéir ? Aux financiers propriétaires des journaux. M. Masmejan ne peut ignorer cette situation qui empêche le 4e pouvoir d'être indépendant et de remplir son rôle de contre-pouvoir.

    Voilà un article concernant le parcours de M. Denis Masmejan:

    http://francophonie.ch/journalisme-et-liberte/denis-masmejean-nouveau-secretaire-general-de-rsf-suisse/

    Merci d'avance pour vos commentaires concernant la liberté de la presse en Suisse. Meilleures salutations.

  • Mme Yasmine Motarjemi, lanceuse d'alerte, a reçu un prix pour son combat.

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    Bonjour,

    Excellente nouvelle. Trois lanceurs d'alerte ont reçu un prix le 16 avril 2019 lors d'une cérémonie à Strasbourg au Parlement européen. Il s'agit de Julian Assange, fondateur de Wikileaks (voir la pétition au bas de cet article), de Rui Pinto ayant dénoncé les Football Leaks et de Mme Yasmine Motarjemi ayant dénoncé les dysfonctionnements de la sécurité alimentaire chez Nestlé. 

    Voilà le texte en anglais lu par Mme Motarjemi lors de la remise des prix ​​GUE / NGL pour les journalistes, lanceurs d'alerte et défenseurs du droit à l'information, en l'honneur de Daphne Caruana Galizia, journaliste d'investigation assassinée à Malte le 16.10.2017 suite à ses articles sur la corruption.

    https://www.w-t-w.org/en/award-for-journalists-whistleblowers-and-defenders-of-the-right-to-information/

    Et voilà la traduction du texte très important lu par Mme Motarjemi:

    Mesdames et Messieurs,

    Aujourd'hui, après avoir vécu près de quatorze ans en détresse, dans ma soif de justice, c'est un jour d'espoir. Le soleil brille dans mon coeur. Chaque jour, depuis quatorze ans, j'ai parcouru mon courrier dans l'espoir d'une bonne nouvelle. Il y a un mois, j’ai vu de façon inattendue que j’avais été nominée pour le Prix 2019 des journalistes et des lanceurs d’alerte en l'honneur de Daphne Caruana Galizia! Quel honneur que d'être associée à elle!

    Je suis très heureuse de constater que ce prix souligne l’importance de la sécurité des aliments, de la santé publique et des droits humains. J'espère que ce prix incitera les employés du secteur alimentaire et des autres entreprises à défendre des pratiques éthiques et à prendre la parole lorsque la santé ou les intérêts du public sont en danger.

    A cette occasion, je voudrais exprimer ma plus profonde gratitude à ceux qui ont proposé ma candidature, au jury qui m'a honorée de ce prix et m'a donné l'occasion de prendre la parole devant ce forum. Je souhaite également exprimer mes plus sincères remerciements et ma reconnaissance aux personnes qui ont cru en moi et sont restées à mes côtés pendant ces années difficiles. J'espère qu'à cette occasion, je pourrai également être la voix d'autres lanceurs d'alerte en Suisse, en France, ou ailleurs dans le monde, ainsi que des victimes d'abus au travail et de ceux qui luttent pour leur justice. Mes pensées vont également à ma famille, qui a dû subir les conséquences des événements.

    Qui suis-je et qu'ai-je fait de ma vie? Je m'appelle Yasmine Motarjemi. Je suis une ancienne scientifique cadre supérieure, puis directrice par intérim de l'Organisation mondiale de la santé. À mon dernier poste, j’étais vice-présidente adjointe chez Nestlé, responsable de la sécurité sanitaire des aliments au niveau mondial. J'ai occupé ce poste jusqu'en 2010, date de mon licenciement. Il peut être intéressant pour vous de savoir que je suis née en Iran mais que je possède la triple nationalité des pays suivants: Iran, Suède et Suisse.

    Cependant, aujourd’hui, je m’exprime ici en tant que citoyenne du monde au monde. J'aimerais parler de la santé et de la sécurité, de la vie - de votre vie. Je voudrais dire que, quelle que soit l’inclination politique, la race ou la religion, la vie humaine compte. Je tiens également à dire que je défends le droit des citoyens de savoir comment la sécurité des produits est gérée et ce que certains employés subissent afin d'assurer la protection de la santé des personnes. J'aimerais que le public sache que nous, les lanceurs d'alerte, payons le prix fort pour la communication d'informations que le public a besoin de savoir.

    Ma bataille pour la sécurité alimentaire, la santé publique et les droits humains a commencé il y a 14 ans. Cependant, ceci a été précédé par 25 années de travail acharné pour améliorer la sécurité alimentaire et la santé publique dans le monde. Dans un monde concurrentiel et machiste, la route du succès ne fût pas facile. Il a fallu surmonter de nombreuses difficultés. Pourtant, mon histoire personnelle de douleur et de souffrances infligées par Nestlé est loin d’être aussi importante que mon indignation, provoquée par la manière ignoble dont la sécurité alimentaire a été gérée dans ce cas particulier.

    Le temps ne me permet pas d'entrer dans les détails de la mauvaise gestion que j'ai vécue chez Nestlé (voir le document Une bataille au nom de la sécurité alimentaire, de la santé publique et des droits humains, https://issuu.com/ymotarjemi/docs/a_battle_in_the_name_of_food_safety). Je peux seulement dire que je ne voulais vraiment pas devenir une lanceuse d'alerte, mais la direction de Nestlé s'est tellement fourvoyée que j'ai senti que je n'avais plus d'autres choix.

    La pire chose que la direction de Nestlé a faite fût de refuser de prêter attention à mes rapports internes, raison pour laquelle des incidents sont ensuite survenus. L'erreur est humaine, persister dans l'erreur est diabolique.

    Au lieu de répondre à mes préoccupations en matière de sécurité sanitaire des aliments, après plusieurs années d'excellentes performances, la direction de Nestlé m'a soumise à un grave cas de harcèlement moral persistant et soutenu, que j’ai ressenti comme de la torture. Pendant quatre ans, tout en continuant à assumer les responsabilités de mon poste de direction, mes supérieurs m'ont dépouillée de mes projets et prérogatives, ont démantelé mon équipe, m'ont humiliée, m'ont isolée, diffamée, ont bloqué mes instructions, dissimulé des informations, m'ont espionnée, menacée, forcée à faire des tâches impossibles ou humiliantes. Ils ont fait tout cela, et plus encore, sans se soucier des conséquences de telles pratiques.

    Les humiliations quotidiennes me donnaient l'impression d'être fouettée encore et encore. L'isolement et l'exclusion du monde professionnel ressemblaient à une prison, une grande prison sans murs et pourtant toujours une prison car personne ne vous parle, personne ne vous voit et personne ne vous entend. Parfois, on souhaite être mort plutôt que de subir un tel harcèlement.

    Je partage mon histoire parce qu'elle révèle un problème encore plus profond et beaucoup plus vaste. Si Nestlé ou d’autres sociétés peuvent se comporter de la sorte, enfreindre la loi et intimider les individus et les communautés, c’est parce que les autorités judiciaires et de santé publique ne s'acquittent pas de leurs responsabilités.

    Quand j’ai signalé les incidents aux autorités de santé publique, aux ONGs, aux syndicats ou à ma communauté professionnelle, à quelques exceptions près, ils n’étaient pas intéressés à enquêter sur les problèmes de gestion de la sécurité des aliments que je signalais ou à tirer des leçons de mes expériences.

    Comment expliquer cette ignorance délibérée? Ils ont tous peur de Nestlé, me dit-on. Notre société a été prise en otage par la peur ! Je peux le dire. 

    La seule option pour moi fût de signaler mon cas aux autorités judiciaires vaudoises. J'ai alors été soumise à des représailles. Nestlé m'a poursuivie en justice pour violation du secret professionnel. Nestlé a également fait équipe avec ma compagnie d’assurance juridique, que j’ai dû combattre devant un autre tribunal. Le Fonds de pensions Nestlé m'a poursuivie en justice pour mes publications et mes efforts pour survivre professionnellement. Ce ne sont là que quelques-uns des principaux obstacles rencontrés. Le chemin qui mène à la justice est souvent long, ardu et semé d’embûches. Les victimes doivent faire face à de faux examens médicaux, à des avocats malhonnêtes, à des enquêtes factices, à des faits trompeurs ou à des demi-vérités, à des "assassinats de caractère" et plus encore. Il est difficile de décrire par des mots le coût que j'ai payé pour ma santé, le bien-être de ma famille, la pression sur mes ressources financières et l'impact sur ma vie en général. Bien que l'impact sur moi ait été profond, le problème est encore plus vaste.

    Le problème principal est le système judiciaire. Après 8 ans de batailles judiciaires contre une société gigantesque et d'autres grandes entreprises, le tribunal du canton de Vaud (Lausanne) a confirmé que j'avais fait l'objet de harcèlement moral. Cependant, étonnamment, ce tribunal a refusé de condamner Nestlé et de me dédommager pour mes dépenses et mes pertes. Après huit ans de procédure ..., il a estimé que ma demande est irrecevable et que Nestlé a agi légalement. La cour a décidé d'ignorer le fait que Nestlé n'a jamais examiné mes préoccupations en matière de sécurité sanitaire des aliments. Le responsable (au sein de Nestlé) de la mauvaise gestion de la sécurité alimentaire et de mon harcèlement n'a subi aucunes sanctions. Il est resté à son poste de directeur et n'a jamais été inquiété.

    Lorsque le système judiciaire permet aux entreprises de commettre l'assassinat professionnel et social des lanceurs d’alerte et qu'il ferme les yeux sur leurs alertes contre des actes répréhensibles, je ne peux que conclure que notre système est corrompu.

    Bien que mon expérience en matière de dénonciation ait commencé en essayant de remédier aux manquements dans la gestion de la sécurité sanitaire des aliments, mon histoire se termine par la constatation du dysfonctionnement total de notre société.

    Mon expérience est similaire à celle d’autres lanceurs d’alerte en Suisse et dans d’autres pays, comme si la même formule était appliquée à maintes reprises pour démanteler la vie des lanceurs d’alerte, notre santé, notre réputation, notre statut social et notre sécurité financière. Ironie de mon histoire: elle se passe en Suisse, pays symbolisant soi-disant la démocratie et l'état de droit, et se déroule sous le nez des organisations chargées de protéger les droits humains et la santé publique.

    Bien que les événements susmentionnés se soient produits en Suisse, les effets de la mauvaise gestion de Nestlé en matière de sécurité des aliments peuvent avoir des conséquences partout dans le monde. Mon cas montre que, dans un monde globalisé, l'absence d'un système législatif et judiciaire équitable en Suisse, particulièrement en ce qui concerne les lanceurs d'alerte, constitue une menace pour les intérêts des communautés du monde entier.

    Merci pour ce prix qui définitivement apporte une note positive à ce chapitre de ma vie. Le poète persan Rumi (1207-1273) décrit bien ce jour, cet instant, de ma vie:

    “Tes jambes deviennent lourdes et fatiguées.

    Puis arrive un moment, 

    les ailes qui ont poussé

    Te soulèvent. "

    Yasmine Motarjemi, PhD

    Nyon, canton de Vaud, Suisse


    Mille félicitations à Mme Motarjemi pour ce prix vivement mérité et pour son allocution très courageuse. J'espère que cela aidera les Parlementaires en Suisse à enfin créer une loi de protection des lanceurs d'alertes. Merci de signer cette pétition qui justement réclame cela: http://chng.it/2XGvBZTGG4

    Voilà le lien de la vidéo de cette cérémonie. L'intervention de Mme Motarjemi commence à la minute 36.50:

    https://www.guengl.eu/medias/video/truth-matters-whistleblowers-award-ceremony/

    Merci de diffuser cet article à tous vos amis.

    Merci pour vos commentaires. Meilleures salutations.

    PS: Vous trouverez sur ce blog d'autres articles citant le combat de Mme Motarjemi (recherche par Google).

    PETITION A SIGNER RECLAMANT LA LIBERTE POUR JULIAN ASSANGE:

    Heureusement une pétition a été créée réclamant la libération de cet immense lanceur d'alerte. Merci de la signer. Voici le lien: http://chng.it/jqvFQcTKKT

    Mise à jour du 21 avril 2019: En Suisse la séparation des pouvoirs est un fléau utilisé par les politiciens pour ne jamais sanctionner les juges réalisant de très graves erreurs, en général intentionnellement (aucunes recherches de la vérité, pièces requises non réclamées, modifications des faits, non application des lois, etc). D'où cette pétition que je vous remercie de signer et de diffuser:

    https://www.change.org/p/le-grand-conseil-des-cantons-suisses-et-mme-s-sommaruga-controle-du-travail-de-la-justice-en-suisse