Droits de l'homme

  • Mme Yasmine Motarjemi, lanceuse d'alerte, a reçu un prix pour son combat.

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    Bonjour,

    Excellente nouvelle. Trois lanceurs d'alerte ont reçu un prix le 16 avril 2019 lors d'une cérémonie qui s'est tenue à Strassbourg au Parlement européen. Il s'agit de Julian Assange, fondateur de Wikileaks, de Rui Pinto ayant dénoncé les Football Leaks et de Mme Yasmine Motarjemi ayant dénoncé les dysfonctionnements de la sécurité alimentaire chez Nestlé. 

    Voilà la traduction du texte lu par Yasmine Motarjemi lors de la remise des prix ​​GUE / NGL pour les journalistes, lanceurs d'alerte et défenseurs du droit à l'information, en l'honneur de Daphne Caruana Galizia, le 16 avril 2019 à Strasbourg (France).

     

    Mesdames et Messieurs,

    Aujourd'hui, après avoir vécu près de quatorze ans en détresse, dans ma soif de justice, c'est un jour d'espoir. Le soleil brille dans mon coeur. Chaque jour, depuis quatorze ans, j'ai parcouru mon courrier dans l'espoir d'une bonne nouvelle. Il y a un mois, j’ai vu de façon inattendue que j’avais été nominée pour le Prix 2019 des journalistes et des lanceurs d’alerte en l'honneur de Daphne Caruana Galizia! Quel honneur que d'être associée à elle!

    Je suis très heureuse de constater que ce prix souligne l’importance de la sécurité des aliments, de la santé publique et des droits de l’homme. J'espère que ce prix incitera les employés du secteur alimentaire et des autres entreprises à défendre des pratiques éthiques et à prendre la parole lorsque la santé ou les intérêts du public sont en danger.

    A cette occasion, je voudrais exprimer ma plus profonde gratitude à ceux qui ont proposé ma candidature, au jury qui m'a honorée de ce prix et m'a donné l'occasion de prendre la parole devant ce forum. Je souhaite également exprimer mes plus sincères remerciements et ma reconnaissance aux personnes qui ont cru en moi et sont restées à mes côtés pendant ces années difficiles. J'espère qu'à cette occasion, je pourrai également être la voix d'autres lanceurs d'alerte en Suisse, en France, ou ailleurs dans le monde, ainsi que des victimes d'abus au travail et de ceux qui luttent pour leur justice. Mes pensées vont également à ma famille, qui a dû subir les conséquences des événements.

    Qui suis-je et qu'ai-je fait de ma vie? Je m'appelle Yasmine Motarjemi. Je suis une ancienne scientifique cadre supérieure, puis directrice par intérim de l'Organisation mondiale de la santé. À mon dernier poste, j’étais  vice-présidente adjointe chez Nestlé, responsable de la sécurité sanitaire des aliments au niveau mondial. J'ai occupé ce poste jusqu'en 2010, date de mon licenciement. Il peut être intéressant pour vous de savoir que je suis née en Iran mais que je possède une triple nationalité des pays suivants: Iran, Suède et Suisse.


    Cependant, aujourd’hui, je m’exprime ici en tant que citoyenne du monde au monde. J'aimerais parler de la  santé et de la sécurité, de la vie - de votre vie. Je voudrais dire que, quelles que soient l’inclination politique, la race ou la religion, la vie humaine compte. Je tiens également à dire que je défends le droit des citoyens de savoir comment la sécurité des produits est gérée et ce que certains employés subissent pour assurer la protection de la santé des personnes. J'aimerais que le public sache que nous, les lanceurs d'alerte (dénonciateurs), payons le prix fort pour la communication d'informations que le public a besoin de savoir.

    Ma bataille pour la sécurité alimentaire, la santé publique et les droits de l'homme a commencé il y a 14 ans. Cependant, ceci a été précédé de 25 années de travail acharné pour améliorer la sécurité alimentaire et la santé publique dans le monde. Dans un monde concurrentiel et machiste, la route du succès n’était pas facile. Cela impliquait de nombreuses difficultés. Mon histoire personnelle de douleur et de souffrance infligée par Nestlé est loin d’être aussi importante que l’indignation que m’a provoquée mon expérience de la manière ignoble dont la sécurité alimentaire a été gérée dans ce cas particulier.

    Le temps ne me permet pas d'entrer dans les détails de la mauvaise gestion que j'ai vécue chez Nestlé (voir le document ci-joint intitulé Une bataille au nom de la sécurité alimentaire, de la santé publique et des droits de l'homme). Je peux seulement dire que je ne voulais vraiment pas devenir une lanceuse d'alerte, mais la direction de Nestlé s'est tellement fourvoyée que j'ai senti que je n'avais pas le choix.

    Peut-être que la pire chose que la direction de Nestlé ait faite a été de refuser de prêter attention à mes rapports internes, avec la conséquence que des incidents sont survenus. L'erreur est humaine, persister dans l'erreur est diabolique.

    Au lieu de répondre à mes préoccupations en matière de sécurité sanitaire des aliments, après plusieurs années d'excellentes performances, la direction de Nestlé m'a soumise à un grave cas de harcèlement moral persistant et soutenu, que j’ai ressenti comme de la torture. Pendant quatre ans, tout en continuant à assumer les responsabilités de mon poste de direction, mes supérieurs m'ont dépouillée de mes projets et prérogatives, ont démantelé mon équipe, m'ont humiliée, m'ont isolée, diffamée, ont bloqué mes instructions, dissimulé des informations, m'ont espionnée, menacée, forcée à faire des tâches impossibles ou humiliantes, ils ont fait tout cela et plus encore, sans se soucier des conséquences de telles pratiques.

    Les humiliations quotidiennes me donnaient l'impression d'être fouettée encore et encore. L'isolement et l'exclusion du monde professionnel ressemblaient à une prison, une grande prison sans murs et pourtant toujours une prison car personne ne vous parle, personne ne vous voit et personne ne vous entend. Parfois, on souhaite être mort plutôt que de subir un tel harcèlement.

    Je partage mon histoire parce que mon abus est le symptôme d'un problème encore plus profond et beaucoup plus vaste. Si Nestlé ou d’autres sociétés peuvent se comporter de la sorte, enfreindre la loi et intimider les individus et les communautés, c’est parce que les autorités judiciaires et de santé publique ne s'acquittent pas de leurs responsabilités.

    Même lorsque j’ai signalé les incidents aux autorités de santé publique, aux ONGs, aux syndicats ou à ma communauté professionnelle, à quelques exceptions près, ils n’étaient pas intéressés à enquêter sur les problèmes de gestion de la sécurité des aliments que je signalais ou à tirer des leçons de mes expériences.

    Comment expliquer cette ignorance délibérée? Ils ont tous peur de Nestlé, me dit-on. Notre société a été prise en otage par la peur ! Je peux le dire.

    La seule option pour moi était de signaler mon cas aux autorités judiciaires. J'ai alors été soumise à des représailles. Nestlé m'a poursuivie en justice pour violation du secret professionnel. Nestlé a également fait équipe avec ma compagnie d’assurance juridique, que j’ai dû confronter devant un autre tribunal. Le Fonds de pensions Nestlé m'a poursuivie en justice pour mes publications et mes efforts pour survivre professionnellement. Ce ne sont là que quelques-uns des principaux obstacles que j'ai rencontrés. Le chemin qui mène à la justice est souvent long, ardu et semé d’embûches. Les victimes doivent parfois faire face à de faux examens médicaux, à des avocats malhonnêtes, à des enquêtes factices, à des faits trompeurs ou à des demi-vérités, à des "assassinats de caractère" et plus encore. Il est difficile de décrire avec des mots le coût que j'ai payé pour ma santé, le bien-être de ma famille, la pression sur mes ressources financières et l'impact sur ma vie en général. Bien que l'impact sur moi ait été profond, cela reste le symptôme d'un problème encore plus vaste.

    Le problème principal est le système judiciaire. Après 8 ans de batailles judiciaires contre une société gigantesque et d'autres grandes entreprises, le tribunal suisse a confirmé que j'avais fait l'objet de harcèlement moral. Cependant, étonnamment, le tribunal a refusé de condamner Nestlé et de me dédommager pour mes dépenses et mes pertes. À cet effet, après huit ans, il a estimé que ma demande était irrecevable et que Nestlé avait agi légalement. La cour a décidé d'ignorer le fait que Nestlé n'avait jamais examiné mes préoccupations en matière de sécurité sanitaire des aliments. Le responsable (au sein de Nestlé) de la mauvaise gestion de la sécurité alimentaire et de mon harcèlement n'a subi aucunes représailles. Il est resté à son poste de direction et n'a jamais été sanctionné.

    Lorsque le système judiciaire permet aux entreprises de commettre l'assassinat professionnel et social des lanceurs d’alerte et qu'il ferme les yeux sur leurs alertes contre des actes répréhensibles, je ne peux que conclure que notre système est corrompu.

    Bien que mon expérience en matière de dénonciation ait commencé en essayant de remédier aux manquements dans la gestion de la sécurité sanitaire des aliments, mon histoire se termine par la constatation du dysfonctionnement total de notre société.

    Mon expérience est similaire à celle d’autres lanceurs d’alerte en Suisse et dans d’autres pays, comme si la même formule était appliquée à maintes reprises pour démanteler la vie des lanceurs d’alerte, notre santé, notre réputation, notre statut social et notre sécurité financière. L'ironie est que mon histoire se passe en Suisse, pays qui symbolise le mieux la démocratie et l'état de droit, et se déroule sous le nez des organisations chargées de protéger les droits humains et la santé publique.

    Bien que les événements susmentionnés se soient produits en Suisse, les effets de la mauvaise gestion de Nestlé en matière de la sécurité des aliments peuvent avoir des conséquences partout dans le monde. Mon cas montre que, dans un monde globalisé, l'absence d'un système législatif et judiciaire équitable en Suisse, particulièrement en ce qui concerne les lanceurs d'alerte, constitue une menace pour les intérêts des communautés du monde entier.

    Merci pour ce prix qui définitivement apporte une note positive à ce chapitre de ma vie. Le poète persan Rumi (1207-1273) décrit bien ce jour, cet instant, de ma vie:

    "Vos jambes sont devenue lourdes et fatiguées.

    Arrive tout-à-coup un nouveau sentiment,

    vos ailes ont grandi et se lèvent. "

    Yasmine Motarjemi, PhD

    Nyon, Suisse"


    Mille félicitations à Mme Motarjemi pour ce prix vivement mérité. J'espère que cela aidera les Parlementaires en Suisse a enfin créer une loi de protection des lanceurs d'alertes. Et merci de signer cette pétition qui justement réclame cela:

    http://chng.it/2XGvBZTGG4

    Merci d'avance pour vos commentaires. Meilleures salutations.

  • Lausanne: Un jury de citoyens a condamné 7 magistrats vaudois.

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    Bonjour,

    M. Gérard Ulrich a organisé ce second jury de citoyens à Lausanne le 13 avril 2019. Avant cela, il a envoyé des explications et des questions écrites à 7 magistrats ayant étouffé une tentative d'assassinat aux dépens d'une personne âgée et handicapée. Ces magistrats n'ont pas répondu aux questions posées. Ce courrier précisait que sans réponse dans les délais les allégations décrites dans cette lettre seraient admises.

    Il faut savoir que les deux personnes ayant eu le courage de dénoncer cette affaire vaudoise ont été condamnées sur le plan pénal, car en Suisse et dans le canton de Vaud les lanceurs d'alerte ne sont pas protégés. Et la liberté d'expression n'est pas garantie.

    Cette inversion est très fréquente: condamner le lanceur d'alerte au lieu de condamner les véritables coupables ! Pour y arriver de graves erreurs sont réalisées par les magistrats, en premier lieu par les procureurs, puis par les juges pénaux, et ensuite il est impossible de s'en plaindre.

    De plus, quand un magistrat réalise une erreur il est impossible qu'il admette son erreur et accepte de la corriger.

    Les victimes prisent dans ce piège n'ont aucun moyen de s'en sortir et de se faire entendre. Ni par les tribunaux, ni par les députés vaudois qui prennent connaissance de ces affaires. Dans ce cas, une pétition avait été envoyée à la Commission des pétitions du Grand Conseil vaudois mais cette démarche s'est révélée totalement inutile.

    La seule solution: Expédier un dossier expliquant les faits à des citoyens et leur demander de donner leur avis en indiquant s'ils estiment que les magistrats sont coupables ou pas. Les citoyens peuvent voter par correspondance ou se rendre à la séance prévue.

    Naturellement les magistrats sont aussi convoqués à la séance du jury de citoyens  pour qu'ils puissent expliquer leurs décisions aux citoyens présents.

    Lors du jury de citoyens organisé le 13 avril 2019 les magistrats ne se sont pas présentés, ce qui était prévisible. 17 personnes ont voté par correspondance et 14 personnes ont voté lors de la séance du 13 avril 2019. Résultat: Ces 31 personnes ont décidé à l'unanimité que ces 7 magistrats vaudois, dont un juge fédéral, sont coupables.

    Si vous désirez recevoir le dossier, merci de vous adresser à M. Gérard Ulrich en lui envoyant un message email à

    catharsisgu@gmail.com

     

    Félicitations aux 31 personnes ayant participé à ce second jury de citoyens et à M. Ulrich de l'avoir organisé.

    Merci d'avance pour vos commentaires qui seront publiés au bas de cet article.

    Merci de diffuser ce message. Meilleures salutations.

     

  • Suisse romande: Pétition réclamant la transparence des candidat-es aux élections fédérales du 20.10.19.

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    Bonjour,

    Je viens de créer une pétition destinée aux Grands Conseils des cantons romands et à la chancellerie fédérale réclamant la transparence des candidat-es aux élections fédérales du 20.10.2019 et je vous remercie très vivement de la signer et de la diffuser.

    Voilà le lien de cette pétition : http://chng.it/xnBKsQmv7H

     

    Etant donné que le site change.org ne permet d'envoyer la lettre de la pétition qu'à une seule personne, j'ai choisi de l'envoyer au Chancelier de la Confédération.

    Mais il faudrait également envoyer des messages emails aux Président-es des Grands Conseils des cantons romands pour leur demander que cette transparence soit enfin d'actualité.

    Pour information, voici leurs adresses emails:

    Fribourg: M. Markus Ith (PLR) Markus.Ith@parl.fr.ch

    Genève: M. Jean Romain (PLR) jean.romain@gc.ge.ch

    Jura: M. Gabriel Voirol (PLR) gabriel.voirol.plt@jura.ch

    Neuchâtel: M. François Konrad francois.konrad.gc@ne.ch de SolidaritéS

    Valais: Mme Anne-Marie Sauthier-Luyet (PLR) anne-marie.sauthier-luyet@parl.vs.ch)

    Vaud: M. Rémy Jaquier (PLR) remy.jaquier@gc.vd.ch

     

    Merci d'avance à toutes les personnes qui enverront un message email à ces Président-es des Grands Conseils des cantons romands. Pour cela vous pouvez par exemple reprendre le texte de la pétition par copier-coller ou envoyer simplement le lien de la pétition, pour information. Naturellement vous pouvez aussi envoyer des messages emails aux Député-es des cantons romands.

    Merci pour vos commentaires qui seront publiés sur ce blog.

    Meilleures salutations.