lanceurs

  • La Suisse signe des accords qui ne sont ensuite pas appliqués ...

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    Bonjour,

    L'émission Infrarouge d'hier soir concernant l'acquittement des militants suite à la partie de tennis dans les locaux du Credit Suisse était fort intéressante. Après le jugement du juge Philippe Colelough, deux camps se sont formés. Ceux qui sont très contents que les militants aient été acquittés et ceux qui sont offusqués (voir l'article publié sur ce blog "Tennis au Credit Suisse").

    Il me semble qu'un problème important est largement sous-estimé: la Suisse a signé l'accord de Paris en octobre 2017 tout en sachant qu'ensuite les Parlementaires à Berne ignoreront l'accord signé !

    Voilà le lien de cette émission Infrarouge qui explique bien cela et le lien concernant l'accord de Paris:

    https://www.rts.ch/emissions/infrarouge/page/2/

    https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/climat/info-specialistes/climat--affaires-internationales/l_accord-de-paris-sur-le-climat.html

    La Suisse tient énormément à son image de très bon élève dans tous les domaines, raison pour laquelle elle a signé l'accord de Paris sur le climat. Mais aussi de nombreux autres accords touchant à d'autres domaines. Par exemple, des traités concernant les Droits de l'homme, alors que les droits humains ne sont pas respectés en Suisse ...

    Ensuite personne ne sait à l'extérieur de la Suisse que les accords signés ne sont pas appliqués ! Et c'est cela qui a motivé les militants à agir, car il existe une situation extrêmement hypocrite.

    Dans certaines situations la Suisse ferait mieux de ne pas signer d'accord en expliquant honnêtement que l'accord signé ne sera de toute manière pas accepté par les Parlementaires à Berne. En effet, la majorité de droite soutient la finance et les secrets et non le climat et la transparence.

    Ensuite, il ne faut donc pas s'étonner que des milliers de manifestants, jeunes et moins jeunes, soient obligés de défiler dans les rues ou de créer des événements chocs tels que cette partie de tennis en s'adressant à Roger Federer. Idée vraiment géniale pour que leur action fasse le tour de la planète.

    Ces militants sont de courageux lanceurs d'alerte dont la Suisse a énormément besoin. Si les Parlementaires à Berne avaient mis en place une véritable loi de protection des lanceurs d'alerte, loi qui est en discussion depuis 2003 ... sans être entrée en vigueur en 2019 ..., eh bien le juge aurait pu utiliser cette loi. Ce n'est pas un hasard si cette loi n'existe pas !

    Félicitations à tous les lanceurs d'alerte pour leur combat courageux. Il est urgent de faire bouger les politiciens, à tous les niveaux.

    Merci de diffuser cet article à vos amis.

    Merci d'avance pour vos commentaires. Meilleures salutations.

  • La Suisse déteste les lanceurs d'alerte et refuse de les protéger.

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    Bonjour,

    La Suisse préfère l'opacité, le copinage et les secrets, raison pour laquelle les lanceurs d'alerte sont détestés. Il n'existe aucune loi de protection des lanceurs d'alerte. Le pays est extrêmement en retard dans ce domaine, mais cela est voulu. Voilà, à mon avis, quelques conditions permettant d'améliorer la situation des lanceurs d'alerte.

    1. Il faudrait que tous les citoyens découvrant un grave dysfonctionnement puissent alerter de façon simple, sûre et rapide une autorité indépendante et efficace située dans leur canton. Cette possibilité ne doit pas être réservée uniquement aux employés des entreprises ou aux fonctionnaires, mais être à disposition de tout le monde. Et cela gratuitement. 

    2. L'alerte devrait ensuite être traitée par des personnes totalement indépendantes qui ne soient ni des politiciens, ni des fonctionnaires et cela afin d'éviter que les alertes soient étouffées.

    3. Afin de protéger les lanceurs d'alerte, il est nécessaire de garantir leur anonymat s'ils le demandent. Une loi doit les protéger pour qu'ils ne soient ni licenciés (si l'alerte concerne l'entreprise qui les emploie), ni condamnés (pour diffamation par exemple quand ils disent la vérité). Et qu'ils ne subissent pas de représailles ou de harcèlement. Sachez que cette loi est en discussion à Berne depuis 2003 ...

    4. Il faudrait que le suivi des alertes soit totalement transparent pour que les citoyens et les journalistes puissent savoir dans chaque canton quelles alertes ont été lancées et comment elles ont été traitées. Si une alerte a été classée, il faudrait savoir pourquoi. La technologie actuelle permet de créer un site Internet accessible à tous. Ce point est donc simple à réaliser.

    Ces derniers jours deux articles ont été publiés à ce sujet. En Valais, M. Sébastien Fanti, reponsable cantonal de la protection des données, explique les difficultés et le climat hostile qu'il rencontre. Il est obligé d'installer un logiciel de gestion des alertes. Je pense que c'est très bien et que cela lui permettra de recevoir plus d'alertes. Voilà ses explications:

    https://www.20min.ch/ro/news/romandie/story/-Je-veux-proteger-les-lanceurs-d-alerte--18365376

    Le logiciel cité par M. Fanti est utilisé au niveau de la Confédération et à Genève. Mais j'estime que les alertes, à ces deux endroits, ne sont pas traitées ensuite par des personnes indépendantes et on ignore quelles sont les alertes ayant été classées. Cet article dit que depuis novembre 2017, la Cour des Comptes à Genève a reçu 275 alertes, mais on ne sait pas combien d'alertes ont été traitées. Cela montre qu'une gestion indépendante, efficace et transparente des alertes est nécessaire.

    Le Valais, grâce à l'énergie de M. Fanti, est en train d'évoluer. Mais qu'en est-il dans les autres cantons suisses ? Merci aux journalistes de nous informer.

    Concernant le canton de Vaud, il serait aussi temps de mettre en place un tel logiciel pour autant que les alertes soient ensuite traitées par des personnes indépendantes. M. Jean-Michel Dolivo, avocat ayant beaucoup dérangé le Parlement vaudois avec ses multiples interventions, ayant décidé de cesser son activité de Député, serait une personne idéale pour diriger un service indépendant de gestion des alertes.

    Naturellement, une personalité indépendante, courageuse, avocate de préférence, devrait gérer le bureau des alertes dans chaque canton suisse. Pour faire ce travail, des citoyens indépendants devraient aussi être engagés (jury de citoyens tirés au sort, mandat limité à cinq ans, travail payé).

    Au sujet du projet de loi de protection des lanceurs d'alerte qui devrait être accepté ces prochains temps par les Parlementaires, Mme Yasmine Motarjemi vient d'écrire un article. Mme Motarjemi, très expérimentée dans ce domaine, nous explique que la nouvelle loi prévue ne protégera pas les lanceurs d'alerte ! De plus, dans certains domaines (alertes dans le domaine alimentaire par exemple), les délais proposés par ce projet de loi sont beaucoup trop longs. Voilà l'article:

    https://www.infomeduse.ch/2019/11/29/tribune-libre-lanceurs-dalerte-quelle-loi-en-suisse/

    Merci de diffuser cet article auprès des parlementaires qui vont accepter cette nouvelle loi. Merci aussi de signer cette pétition réclamant une loi de protection des lanceurs d'alerte. Voilà le lien: http://chng.it/2XGvBZTGG4

    Merci d'avance pour vos commentaires et pour vos témoignages (textes courts, merci). Meilleures salutations. 

  • Suisse: Une loi de protection des lanceurs d'alerte trop restreinte.

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    Bonjour,

    Le 30 octobre 2019 le journal 20 Minutes a publié un article sur la loi de protection des lanceurs d'alerte en Suisse. Il faut savoir que ce projet de loi est en discussion à Berne depuis 2003 ! 16 ans plus tard, voilà la situation:

    https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Lanceurs-d-alerte--une-protection-a-ameliorer-17260873 

    J'apprends avec consternation que les parlementaires ne se préoccupent que des alertes ayant trait au lieu de travail. Alors que de très nombreux citoyens alertent les Autorités sur des sujets qui ne touchent pas leur travail ! Par exemple, constatation d'une pollution au mercure en Valais, jeunes qui alertent concernant le réchauffement climatique, personnes qui lancent l'alerte sur les effets néfastes de la 5G, alertes lancées par des personnes malades concernant un médicament ou un implant, alertes lancées quand des magistrats refusent d'appliquer les lois ou quand un citoyen dénonce un fonctionnaire corrompu, etc.

    Il faut bien admettre que les parlementaires ont tout entrepris pour ne pas faire avancer cette loi de protection des lanceurs d'alerte et maintenant ils proposent une loi qui ne protège pas la totalité des lanceurs d'alerte ! Quelle honte !

    Sachez que la Serbie a créé une des meilleures lois de protection des lanceurs d'alerte. Cette loi est entrée en vigueur en juin 2015. La Suisse a donc déjà plus de 4 ans de retard sur la Serbie. A ce propos, je vous conseille vivement de lire cet article expliquant que la loi serbe connaît encore des problèmes d'application. Mais cet article cite des chiffres extrêmement élevés d'alertes lancées par les citoyens serbes ce qui montre qu'il est urgent, en Suisse aussi, d'adopter une loi efficace. 

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Loi-sur-les-lanceurs-d-alerte-en-Serbie

    Cet article dit que pendant les deux premières années, soit de juin 2015 à juin 2017, 427 procédures pénales relatives aux lanceurs d’alerte ont été engagées, dont 364 ont été jugées.

    Constatant que les populations de ces deux pays sont assez similaires (7 millions de Serbes et 8,5 millions de Suisses), on peut estimer les alertes en Suisse à environ 450 par an, mais naturellement il n'existe aucunes statistiques permettant de savoir combien d'alertes sont sérieusement traitées en Suisse.

    De nombreuses ONG font croire qu'elles défendent les lanceurs d'alerte, mais cela est totalement faux car la majorité des ONG refusent d'étudier des cas concrets d'alertes non traitées par les autorités. En général, les alertes en Suisse sont soit classées, soit donnent lieu à une procédure judiciaire qui va durer des années et se terminer par une décision inadmissible, car le lanceur d'alerte s'attaque à des entreprises puissantes (parfois à des multinationales) ou à des citoyens dominants intouchables. Ensuite, les ONG ne sont d'aucune utilité et le lanceur d'alerte doit se défendre seul. Les frais judiciaires étant tellement élevés en Suisse, cela décourage ou empêche un grand nombre de lanceurs d'alerte de poursuivre leur combat. Cette situation est anormale dans un soi-disant Etat de droits. 

    120 jeunes d'Extinction Rebellion viennent de recevoir des condamnations pénales suite au blocage d'un pont et d'une route à Lausanne en septembre 2019. Cette fois, le ministère public a travaillé très rapidement. Voir cet article:

    https://www.lematin.ch/suisse/117-militants-extinction-rebellion-condamnes/story/12692296

    Il s'agit clairement d'une "justice" vaudoise à plusieurs vitesses. Car suite à ma plainte pénale déposée contre un avocat lausannois le 17.12.2018 je n'ai reçu ni accusé de réception, ni aucune information ! Et toutes mes plaintes pénales déposées d'octobre 2007 à novembre 2018 ont été classées ! Je veux bien témoigner à ce sujet pour expliquer que les infractions pénales très graves effectuées par les citoyens dominants sont classées, alors que les jeunes non violents ayant lancé l'alerte sur un sujet primordial, le réchauffement climatique et ses conséqences, sont condamnés. Il s'agit de discrimination et d'une inégalité flagrante. A part moi, de nombreuses autres personnes pourraient aussi témoigner.

    Naturellement les 120 jeunes d'Extinction Rebellion ne seront pas protégés car la loi de protection des lanceurs d'alerte n'est pas encore entrée en vigueur et en plus, le projet prévoit de ne prendre en compte que les alertes liées au lieu de travail !

    Maintenant que les Verts ont brillé aux dernières élections fédérales je me demande comment les Verts vaudois vont agir pour protéger ces 120 jeunes d'Extinction Rebellion. Les politiciens verts vont-ils se manifester ou vont-ils, comme les politiciens en ont l'habitude, utiliser le prétexte de la séparation des pouvoirs (un fléau) pour ne pas agir. Affaire à suivre.

    Dans certains pays les lois permettent aux citoyens de réaliser des actions collectives. Là encore, les 120 jeunes ne pourront pas se regrouper pour se défendre de façon collective car les lois suisses ne prévoient pas celà. Le vieux principe "diviser pour règner" est toujours d'actualité. D'après les articles de presse ces jeunes ont décidé de recourir contre les condamnations pénales reçues. Cela va donc donner lieu à 120 audiences et 120 procédures pénales ...

    J'espère que le public ira soutenir ces jeunes lanceurs d'alerte lors des audiences ayant lieu au tribunal. Ces audiences sont publiques, mais pour cela il faudrait que les dates des audiences et leur lieu soient publiés dans la presse. Merci aux journalistes qui le feront.

    Merci d'avance pour vos commentaires. Meilleures salutations. 

    Merci de signer la pétition réclamant une véritable loi de protection des lanceurs d'alerte. Voilà le lien: http://chng.it/2XGvBZTGG4